La Terra Australis nous accueille par un temps merveilleux. C'est avec un "pfffff" sonore et evident que le douanier, decouvrant que nous avons coche presque toutes les cases du formulaire, nous demandera d'aller directement sur une table pour y presenter ce que nous avons de si delicat. Le pays etant aussi stricte que la Nouvelle Zelande sur les risques de contamination agricole, et les amendes plus fortes encore, nous n'avons pas pris de risques. Il est pres de midi et demie, et l'hommene cessera d'examiner sa montre avant de nous expedier vite fait apres avoir confisque notre vieux lait en poudre peruvien, pour un peu il allait manquer son heure de table.
Andrew, un cousin que je n'ai jamais encore vu, s'est propose de nous heberger, nous devons nous retrouver dans la salle des pas perdus avec pour toute description qu'il est grand et avec des cheveux qui aurait bien besoin d'une coupe. L'attente commence, plutot incertaine dans une foule relative, cherchant ici et la un signe de reconnaissance tacite de la part d'un inconnu, lorsque mon attention tombe sur un grand type qui vient d'arriver. Instinctivement je me dirrige vers lui et lui lance un "Andrew?" interrogatif. Sa reponse sans equivoque, "Stuart! Welcome to Sydney", confirme que c'est dans le mille.
Traversant la ville dans sa vieille gimbarde, il nous ramene chez lui, un appartement dans le quartier de Mosman avec une vue imprenable sur le Sydney Harbour et sur les tours d'affaire du centre ville. A peine arrive, celui-ci nous annonce qu'il doit en fait partir trois ou quatre jour dans le nord, nous donne les clefs de son appart et de sa voiture et nous prie de faire comme chez nous apres quelques indications sur ou prendre le ferry pour aller en ville, puis il disparait avec un copain qui l'attendait. Ca c'est de l'accueil!
Par chance, le beau temps, inhabituel pour la saison, tient les quelques jours, improvises apres l'offre de l'appartement, que nous restons a Sydney. Vite familiers du trajet de ferry Mosman-Centre ville (circular quay), qui offre les vues cartes postales de la fameuse Maison de l'opera, point de repaire architecturalement bizzare, et sur le Pont du Havre, enorme enjambee de vieux fer qui fait la fierte des gens du coin, nous arpenterons un peu au hasard les avenues et parcs du centre, presque surpris de nous retrouver parmi tant d'occidentaux. Sydney est la plus grande ville du pays, qui aurait naturellement du en etre la capitale si ce n'etait les resistances jalouses des politiciens de Melbourne. C'est une ville agreablement chaotique et vraiment cosmopolite, carrefour de rencontre entre toutes les cultures s'y etant installees. Quelque soit ses origines, ses croyances ou ses points de vues philosophiques, on s'y affiche pleinement mais avec tolerance. Ce brassage inoui, au milieu des premiers vrais gratte ciels que nous voyons depuis New York, en font une veritable ville du 21 siecle, agrementee, pour couronner le tout, de belles plages toutes proches. Bon, soyons honnete quand meme, des incidents eclatent encore, parfois a cause d'instigations d'une extreme droite anglo saxonne montante, et certaines lignes de metro sont plutot deconseilles aux petites heures.
Photos de Sydney:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Sydney
Quelques heures de bus plus bas sur la cote, c'est mon oncle Michael et sa femme Liz qui nous ouvrent leurs portes pour une dizaine de jours. Situes dans une regions peu peuplee, economiquement en difficultes, mais avec une sur representation de pensionnes, ils y profitent pourtant pleinement d'une retraite anticipee, pour cause de reussite financiere, parmi les charmes que la nature offre la bas. Australiens culturellement pur souche, ils sont francs, directs (parfois a la limite de la rudesse), joyeux et bons buveurs jusqu'a en etre brayards, tres fier de leur pays sans neanmoins se laisser berner par certains politiciens, accueillants et pas snobs pour un sous malgre une grande maison et d'autres symboles de reussites. Bref, c'est un plaisir de les retrouver 11 ans plus tard, et de pouvoir poser nos sacs en toute quietude.
Une dizaine de journees passees en retrouvailles, a vider la reserve de biere brassee par les soins de mon oncle, a se faire engraisser comme des oies par ma tante (entre petits dejs collossaux et diner non moins legers), a decouvrir les plages de sables blanc et fin des alentours, ou l'arriere pays au volant de la Land Rover defender qui leur a servi a faire le tour d'Australie il y a quelques annees.
Pour Melanie c'est aussi la premiere rencontre avec le "bush" australien, expression utilisee pour tout espace sauvage, le plus souvent melange de terre seche plutot ocre et de grands eucalyptus odoriferants. Le bush a quelque chose de tres attirant pour tout australien, y partir camper librement (meme, voire surtout, lorsque ce n'est pas permis) semble etre une etape obligatoire pour la plupart d'entre eux, qui y retournent regulierement. En plus des chemins a peine carrossables empruntes par mon oncle pour parcourir les bois ou mettre son petit bateau a l'eau, nous decouvrirons aussi ce bush de l'interieur, par la riviere sur laquelle Mikel nous enmenera pecher par deux fois. Si les fruits de la peche ne furent jamais recoltes, c'est neanmoins un moyen tres agreable de penetrer au coeur de la nature, loin des routes et des lieux habites. Et lorsque vient le soir, lorsque tombe la lumiere, la nature s'eclaire de tons oranges et chauds, les feuilles des eucalyptus semblant se teindre de bleu et la faune chante ses odes melodieux.
Listons encore la rencontre improvisee par Michael et Liz des deux premiers kangourous de Melanie au milieu d'un camping tour proche, et une sortie en mer pour une peche tout aussi peu fructueuse avec Dereck, ami et ancien employe de mon oncle, qui nous fera bien rire en nous rappelant que le reglement de peche stipule que les especes protegees doivent etre delicatement et gentillement relachees a l'eau, ce qui inclut le grand requin blanc (qui peut depasser les 9 metres de long).
Ce sejour chez le frere cadet de mon pere c'est aussi le debut, pour moi, d'un voyage dans l'histoire familiale, entre vieux souvenirs et albums photos et visite de la derniere demeure du vivant de mes grands parents presqu'inconnus,a mes yeux.
Photos de Narrawallee:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Narrawallee
Laissant cette joyeuse paire, et leur confiant de nombreuses affaires en depot, notre chemin se poursuivra jusqu'a Melbourne, dans l'etat voisin du Victoria, ou nous arriverons par un temps froid et pluvieux. Quelques heures d'attente plus tard, nous avons un rendez-vous typiquement Melbournien avec Kate, une tres bonne amie rencontree en Chine et revue longuement ici meme lors de mon premier periple, en dessous des horloges du Hall de la station de train de Flinders street. Son fiance, Jason, et elle nous ont propose l'hebergement pour quelques jours, le temps de visiter la ville, de faire quelques amplettes australiennes, et d'arranger une location de voiture pour decourvir plus avant l'"Etat jardin" et ses tresors. Retrouver quelqu'un qui me fut proche jadis, 11 annees apres, est toujours une experience etrange, et le moins que l'on puisse dire c'est que beaucoup de differences se sont glissees entre nous. Le contact restera assez formel malgre leur grande gentillesse et leurs attentions touchantes.
Melbourne est une ville tres differente de Sydney. Ici tout est ordonne et polisse (a la maniere de la majorite des Melbourniens, qui sont generalement plus sophistiques que leurs homologues de Sydney), avec un plan en quadrilatere tres facile parmi lequel circulent de nombreux trams (dont certains gratuits), et les berges de la riviere voisine, la Yarra, bien domestiquees et transformee et promenade agreable et bourgeoise qu'agrementent de nombreux commerces, petits restos et bistrots, ainsi que quelques clubs d'aviron a l'anglaise. Un petit China town y offre une once de depaysement ainsi que de gros bols de nouilles pour peu de sous. Et le grand Victoria Market offre de tout a des prix defiants toute concurence, des legumes frais toute l'annee aux articles de sport en passant par les habituels souvenirs d'Australie que sont boomerangs et chapeaux. A une semaine d'intervale, nous y ferons l'acquisition chacuns d'une veste "a l'australienne", du meme type que celle qu'utilisent vachers et fermiers d'ici.
Photos de Melbourne:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Melbourne
Quittant momentanement nos deux amis, et apres une mesaventure navrante chez Hertz (qui pretexteront, a la vue de notre degaine de barroudeurs, que le permis international seul ne suffit plus, et qui se terminera dans une toute petite agence de location, moins chere au bout du compte) notre route ira jusqu'au Promontoire de Wilson, une presqu'ile transformee en parc naturel. Trois jours de marche sur les sentiers de randonnees, et deux nuits sous tente, nous en feront (re)decouvrir la splendeur en passant par les baies (grandes et petites) de Waterloo, immenses etandues de sable eclatant d'une finesse extreme, vierges de toute presence humaine permanente, coincees entre de hautes collines de rochers et d'eucalyptus melles, par la calenque des chasseurs de phoque, dont le nom ne correspond plus aux vues paradisiaques sur des eaux emeraudes et turquoises, par l'un ou l'autre sommets locaux perdus dans le bush parmi les gros lezards du coin, et par un long trajet, a present de passerelles, sur un marais forestier (ou l'on se faisait jadis abondament taxer par les sangsues). Le "Ruisseau des fees" et la "Selle eventee" sont deux autres passages enchanteurs que fouleront nos bottines... Les rencontres avec la faune y sont frequentes, entre les nombreux perroquets rouges et bleu, parfois verts, les mignons possums portant leurs bebes sur le dos qui viennent piller les tentes de nuit, un nuage de fourmis volantes tombant sur la tente comme une pluie, un couple d’emeu, un echidna, sorte de poc epic marsupial, et deux serpents bruns connus pour leur venins plutot mortel...
Mais point de wombats pour Melanie.
Photos du Wilson Promontory:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/WilsonPromontory
La tres celebre “Great Ocean Road” sera notre prochain segment de chemin. Comme son nom l’indique il s’agit d’une route longeant un troncon de cote superbe et impressionant. Presque deux cent cinquante kilometres de falaises enormes, responsables d’innombrables naufrages, de formations rocheuses aux formes presqu’aussi etrange que les noms qui leur furent donnes (12 apotres, razorback, London Bridge,…), de gorges profondes donnant sur des criques presqu’innaccessibles, et quelques plages splendides, qui, s’ils font aujourd’hui le bonheur des visiteurs, plongeaient litteralement les marins d’antan dans un etat de peur panique a cause d’une combinaison particulierement dangereuse de pieges naturels et de courants violents, et ce a moins d’un jour de l’arrivee. Pierres tombales et autres nombreux monuments commemoratifs temoignent a chaque arret de vaisseaux disparus et de victimes englouties corps et ames…
Pour une touche plus joyeuse, une quinzaine de koalas sauvages s’etaient donnes rendez-vous a notre passage, dont une mere portant son petit sur le dos, rassemblement exeptionel de ces petits marsupiaux au cri rauque.
Photos de la Great Ocean Road:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/GreatOceanRoad
Laissant derriere nous la grisaille cotiere, c’est vers l’interieur des terres et la lumiere du soleil que nous nous enfoncerons, jusqu’aux Grampians, une petite chaine de montagne qui surgit de la plaine telle un raz de marree petrifie, une arrête rocheuse jaillissant vers les cieux. Au coeur de celles-ci, nous poserons la tente, et passerons la soiree de mi-voyage (deja 6 mois) autour de notre premier veritable feu de camp sous les constellations du sud. La journee magnifique qui suivra laissera libre court a la randonnee, a la recontre de cascades, de chemins vertigineux sur les cretes ou en bord de falaise, de canyons etroits et mysterieux, jadis refuges des tribus aborigines locales, de forets d’eucalyptus montrant encore les stygmates de feux recents, pour finir par une autre nuit dans la nature apres un rendez vous reussi avec une vingtaine de Kangourou, dont certaines femelles portent leur “joey” dans la poche, sur la pelouse centrale de Hall’s Gap, le chef lieu.
Photos des Grampians:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Grampians
La suite des rejouissances australiennes se fera a Canberra, la capitale, rejointe en train après un dernier passage par Melbourne. Le train, de jour, est une des facons les plus agreables de voyager a travers les paysages australiens, a la fois bon marche (particulierement avec des cartes d’etudiants), confortable, et passant loin des routes et des agglomerations. Cette fois c’est Michele, une amie d’ami, et ses enfants, qui partageront avec nous la maison familliale dans les faubourg de la plus etrange capitale que je connaisse. Ville artificielle decidee et dessinee dans les annees trente en reponse au conflit opposant Melbourne a Sydney, elle a ce cote agreable d’une ville eparpillee ou il n’y a pas grand chose de vraiment interessant a voir. Les quartiers sont eloignes les uns des autres, mal desservis par des transports en communs peu frequents et couteux, mais en contrepartie la nature est omnipresente avec de nombreux morceaux de bush, regorgeant de kangourous (nous en compterons jusqu’a 65 en une fois!), qui separent les differents faubourgs et promettent des ballades merveilleuses et tres accessibles.
En fait, ce sont plutot les alentours de la capitale qui valent le deplacement. Des parcs naturels de toute beaute, qui ont preserve des les premieres heures de la capitale des terres encore peu domestiquees, permettent aux rares visiteurs de gouter facilement la sensation grisante des premiers explorateurs du continent decouvrant ces vastes plaines remplies de kangourou et autres wallabies, encerclees de montagnes et de falaises sur lesquelles croissent eucalyptus et gum trees A cote de l’un de ces parcs, au fond d’une vallee isolee, on tombe nez a nez avec de gigantesques antennes paraboliques, symboles d’un autre age de la participation australienne dans la conquete de la Lune.
Photos de Canberra:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Canberra
De Canberra nous retrouverons Sydney, chez Daniele, une autre cousine, fille de Michael, cette fois, avant de repartir en train vers le Nord de l’Etat du New South Wales, pour retrouver mon Oncle David qui vit a 10 heures de la. David, frere aine de mon pere et pere d’Andrew, son epouse Ursula, et leur fille, ma cousine Ulani, vivent a quelques encablures australiennes (ils font 20 km comme nous en faisons 2) de Byron Bay, une region connues comme etant le paradis des surfers avec ses plages de sable fin litteralement desertes qui s’etendent sur des kilometres (voires de dizaines de kilometres), mais dont il serait imbecile d’ignorer aussi l’arriere pays compose des montagnes de la “Great Dividing Range”, ligne de partage des eaux..
Photos de Sydney:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Sydney2
David et sa famille son plutot du style anciens Hippies New Age sur le retour. D’une tolerance et d’une nonchalance presque a toute epreuve, c’est pourtant avec eux que nous nous rejouirons de la victoire d’Obama a la presidence du pays le plus puissant du globe, apres avoir visite l’Ecole Steiner d’Ulani et tout en degustant des mets vegetarians concoctes par Ursula. Quelques jours de discussions (et parfois de desaccords) philosophiques de haut vol, de promenades sur les plages ou une randonnee sur le Mont Warning, avec un passage memorable a Nimbin, la capitale australienne du hashish aux batiments peints de motifs hippies dans des couleurs psychedeliques. N’oublions pas les vagues de Byron bay, au creux desquelles se sont reveles a nous, l’espace de quelques instants, quatre dauphins sautants et virevoltants… Une reunion de famille, organisee au pied leve par David, me fera recontrer plus de cousins germains que je n’en avais vu d’un seul coup auparavant, et passera le relais familial a Janice, la soeur ainee de mon pere.
Photos de Byron bay et environs:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/ByronBay
Sans faire de chichi, Janice me jettera les clefs de sa voiture afin que je nous conduise chez elle, pres de 400 kilometres au sud. Mere de sept enfants, mes cousins, de nombreuses fois grand mere, et meme deja arriere grand mere, elle nous accueillera chez elle a Yamba, entre la plage et les champs de cannes a sucre. Quelques jours a vivre la vie paisible et a gouter l’exellente cuisine de la doyenne de ma famille, qui en bonne gardienne du savoir familial repondra gentillement aux innombrables questions genealogiques pour lesquelles mes deux oncles m’avaient renvoye vers elle.
Yamba n’est pas vraiment un lieu de grand interet, deux jolies plages separees par un phare a la Eliot le dragon, un petit village avec sa marina, et des activites communautaires comme un festival de voiture allant des ancetres aux horribles bolides tunes…
Photos de Yamba:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Yamba
Pres de deux mois se sont deja ecoules lorsque nous retrouverons Michael et Liz, beaucoup plus au sud. Le temps de refaire nos sacs avec ce que nous avions laisse chez eux en depot, de retenter sans success notre chance a la peche, de gravir, quand meme, la Pigeon House Mountain qui offre des vues somptueuses sur un parc national meconnu mais digne du Grand Canyon, et nous serons deja vite repartis de ce pays magique a mes yeux qu’est l’Australie…
Photos de Milton:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Milton
L’Australie exerce toujours, et sans doute plus que jamais, un atrait enorme sur ma personne. Au premier abord, et par bien des aspects, c’est un pays de cocagne, la terre du miel et du lait. Une nature bien presente et de gigantesques espaces sauvages sur un territoire tres riche en resources naturelles et paraissant sans limites, que se partagent un peu moins de vingt millions d’habitants. Une securite sociale forte, un systeme de sante publique tres developpe, un taux d’emploi relativement eleve, des politiques prenant a bras le corps un certain nombre de themes, comme la securite au travail et la mise en place de sources d’energie alternative, et, dans les grandes villes, des transports en communs sur lesquels nous devrions prendre exemple, ne sont que quelques unes des autres qualites d’un pays qui ne jure que par les produits “made in Australia”, sans parler d’un ensoleillement presque permanent ni de la proximite presque constante de plages de reves…
Pourtant l’Autralie connait et a connu dernierement des moments difficiles.
La plupart des etats, et particulierement celui du Victoria, connaissent une secheresse recurente depuis pres de dix ans. Des organismes infiltres par des interets agricoles gerent egoistement les resources aquatiques d’une partie du pays, bloquant toute tentative de mettre en place les neccessaires mesures draconiennes. Et, alors que l’eau ne se fait que plus rare, les incendies ravagent les pays avec une intensite qui ne cesse de croitre, sterilisant des forets entieres et decimant animaux et essences vegetales au passage. Les koalas, pieges aux sommets de leurs arbres en sont souvent les premieres victimes…
Relie ou non a cette problematique, la couche d’ozone ne cesse de se faire plus mince au dessus de la tete des australiens, et les cancers fleurissent comme jamais.
Les droits des travailleurs ont ete fortement revus a la baisse par le gouvernement precedent, dirrige par l’imbecile John Howard, le caniche de George Bush, qui a mene avec tant d’arrogance une politique ultra neo-liberale a l’americaine que lorsqu’est venu le temps des elections, les autraliens ne l’ont meme pas reelu comme depute (et ce alors qu’il etait premier minister sortant et tete de liste de surcroit). L’homme qui a ose dire qu’Obama etait le candidat de choix d’Al Quaeda et qui disait fierement qu’il n’etait pas desole pour les traitements infliges historiquement aux aborigines a reussi le coup de force de se faire detester par la majorite des citoyens, eccoeures de cette image pro George Bushienne qu’il voulait imposer.
Depuis, les travaillistes sont revenues au pouvoir, et Kevin Rudd, le nouveau “Premier” a fait, parmi ses premiers gestes, le pas historique et symbolique d’offrir des escuses nationales et officielles aux aborigines de la part du gouvernement australien. Il oeuvrerait a present pour faire marche arriere sur un certain nombre de mesures prises par son incapable predecesseur.
L’Australie conduit toujours a gauche mais est passee au systeme metrique. Dans cet ordre d’idee, les australiens reussiront-ils a se conscientiser suffisament rapidement quand a l’urgence de leur probleme d’eau? La plupart avait l’air de penser que ce probleme ne les concernait pas vraiment…
L’Australie a encore enormement a offrir et avec un peu de volonte politique et citoyenne ils pourraient resoudre assez rapidement leurs problemes. Nous n’avons fait qu’en effleurer la surface, le nord, le centre et l’Ouest nous deumerent inconnus. Je suis prêt a y retourner....
Andrew, un cousin que je n'ai jamais encore vu, s'est propose de nous heberger, nous devons nous retrouver dans la salle des pas perdus avec pour toute description qu'il est grand et avec des cheveux qui aurait bien besoin d'une coupe. L'attente commence, plutot incertaine dans une foule relative, cherchant ici et la un signe de reconnaissance tacite de la part d'un inconnu, lorsque mon attention tombe sur un grand type qui vient d'arriver. Instinctivement je me dirrige vers lui et lui lance un "Andrew?" interrogatif. Sa reponse sans equivoque, "Stuart! Welcome to Sydney", confirme que c'est dans le mille.
Traversant la ville dans sa vieille gimbarde, il nous ramene chez lui, un appartement dans le quartier de Mosman avec une vue imprenable sur le Sydney Harbour et sur les tours d'affaire du centre ville. A peine arrive, celui-ci nous annonce qu'il doit en fait partir trois ou quatre jour dans le nord, nous donne les clefs de son appart et de sa voiture et nous prie de faire comme chez nous apres quelques indications sur ou prendre le ferry pour aller en ville, puis il disparait avec un copain qui l'attendait. Ca c'est de l'accueil!
Par chance, le beau temps, inhabituel pour la saison, tient les quelques jours, improvises apres l'offre de l'appartement, que nous restons a Sydney. Vite familiers du trajet de ferry Mosman-Centre ville (circular quay), qui offre les vues cartes postales de la fameuse Maison de l'opera, point de repaire architecturalement bizzare, et sur le Pont du Havre, enorme enjambee de vieux fer qui fait la fierte des gens du coin, nous arpenterons un peu au hasard les avenues et parcs du centre, presque surpris de nous retrouver parmi tant d'occidentaux. Sydney est la plus grande ville du pays, qui aurait naturellement du en etre la capitale si ce n'etait les resistances jalouses des politiciens de Melbourne. C'est une ville agreablement chaotique et vraiment cosmopolite, carrefour de rencontre entre toutes les cultures s'y etant installees. Quelque soit ses origines, ses croyances ou ses points de vues philosophiques, on s'y affiche pleinement mais avec tolerance. Ce brassage inoui, au milieu des premiers vrais gratte ciels que nous voyons depuis New York, en font une veritable ville du 21 siecle, agrementee, pour couronner le tout, de belles plages toutes proches. Bon, soyons honnete quand meme, des incidents eclatent encore, parfois a cause d'instigations d'une extreme droite anglo saxonne montante, et certaines lignes de metro sont plutot deconseilles aux petites heures.
Photos de Sydney:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Sydney
Quelques heures de bus plus bas sur la cote, c'est mon oncle Michael et sa femme Liz qui nous ouvrent leurs portes pour une dizaine de jours. Situes dans une regions peu peuplee, economiquement en difficultes, mais avec une sur representation de pensionnes, ils y profitent pourtant pleinement d'une retraite anticipee, pour cause de reussite financiere, parmi les charmes que la nature offre la bas. Australiens culturellement pur souche, ils sont francs, directs (parfois a la limite de la rudesse), joyeux et bons buveurs jusqu'a en etre brayards, tres fier de leur pays sans neanmoins se laisser berner par certains politiciens, accueillants et pas snobs pour un sous malgre une grande maison et d'autres symboles de reussites. Bref, c'est un plaisir de les retrouver 11 ans plus tard, et de pouvoir poser nos sacs en toute quietude.
Une dizaine de journees passees en retrouvailles, a vider la reserve de biere brassee par les soins de mon oncle, a se faire engraisser comme des oies par ma tante (entre petits dejs collossaux et diner non moins legers), a decouvrir les plages de sables blanc et fin des alentours, ou l'arriere pays au volant de la Land Rover defender qui leur a servi a faire le tour d'Australie il y a quelques annees.
Pour Melanie c'est aussi la premiere rencontre avec le "bush" australien, expression utilisee pour tout espace sauvage, le plus souvent melange de terre seche plutot ocre et de grands eucalyptus odoriferants. Le bush a quelque chose de tres attirant pour tout australien, y partir camper librement (meme, voire surtout, lorsque ce n'est pas permis) semble etre une etape obligatoire pour la plupart d'entre eux, qui y retournent regulierement. En plus des chemins a peine carrossables empruntes par mon oncle pour parcourir les bois ou mettre son petit bateau a l'eau, nous decouvrirons aussi ce bush de l'interieur, par la riviere sur laquelle Mikel nous enmenera pecher par deux fois. Si les fruits de la peche ne furent jamais recoltes, c'est neanmoins un moyen tres agreable de penetrer au coeur de la nature, loin des routes et des lieux habites. Et lorsque vient le soir, lorsque tombe la lumiere, la nature s'eclaire de tons oranges et chauds, les feuilles des eucalyptus semblant se teindre de bleu et la faune chante ses odes melodieux.
Listons encore la rencontre improvisee par Michael et Liz des deux premiers kangourous de Melanie au milieu d'un camping tour proche, et une sortie en mer pour une peche tout aussi peu fructueuse avec Dereck, ami et ancien employe de mon oncle, qui nous fera bien rire en nous rappelant que le reglement de peche stipule que les especes protegees doivent etre delicatement et gentillement relachees a l'eau, ce qui inclut le grand requin blanc (qui peut depasser les 9 metres de long).
Ce sejour chez le frere cadet de mon pere c'est aussi le debut, pour moi, d'un voyage dans l'histoire familiale, entre vieux souvenirs et albums photos et visite de la derniere demeure du vivant de mes grands parents presqu'inconnus,a mes yeux.
Photos de Narrawallee:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Narrawallee
Laissant cette joyeuse paire, et leur confiant de nombreuses affaires en depot, notre chemin se poursuivra jusqu'a Melbourne, dans l'etat voisin du Victoria, ou nous arriverons par un temps froid et pluvieux. Quelques heures d'attente plus tard, nous avons un rendez-vous typiquement Melbournien avec Kate, une tres bonne amie rencontree en Chine et revue longuement ici meme lors de mon premier periple, en dessous des horloges du Hall de la station de train de Flinders street. Son fiance, Jason, et elle nous ont propose l'hebergement pour quelques jours, le temps de visiter la ville, de faire quelques amplettes australiennes, et d'arranger une location de voiture pour decourvir plus avant l'"Etat jardin" et ses tresors. Retrouver quelqu'un qui me fut proche jadis, 11 annees apres, est toujours une experience etrange, et le moins que l'on puisse dire c'est que beaucoup de differences se sont glissees entre nous. Le contact restera assez formel malgre leur grande gentillesse et leurs attentions touchantes.
Melbourne est une ville tres differente de Sydney. Ici tout est ordonne et polisse (a la maniere de la majorite des Melbourniens, qui sont generalement plus sophistiques que leurs homologues de Sydney), avec un plan en quadrilatere tres facile parmi lequel circulent de nombreux trams (dont certains gratuits), et les berges de la riviere voisine, la Yarra, bien domestiquees et transformee et promenade agreable et bourgeoise qu'agrementent de nombreux commerces, petits restos et bistrots, ainsi que quelques clubs d'aviron a l'anglaise. Un petit China town y offre une once de depaysement ainsi que de gros bols de nouilles pour peu de sous. Et le grand Victoria Market offre de tout a des prix defiants toute concurence, des legumes frais toute l'annee aux articles de sport en passant par les habituels souvenirs d'Australie que sont boomerangs et chapeaux. A une semaine d'intervale, nous y ferons l'acquisition chacuns d'une veste "a l'australienne", du meme type que celle qu'utilisent vachers et fermiers d'ici.
Photos de Melbourne:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Melbourne
Quittant momentanement nos deux amis, et apres une mesaventure navrante chez Hertz (qui pretexteront, a la vue de notre degaine de barroudeurs, que le permis international seul ne suffit plus, et qui se terminera dans une toute petite agence de location, moins chere au bout du compte) notre route ira jusqu'au Promontoire de Wilson, une presqu'ile transformee en parc naturel. Trois jours de marche sur les sentiers de randonnees, et deux nuits sous tente, nous en feront (re)decouvrir la splendeur en passant par les baies (grandes et petites) de Waterloo, immenses etandues de sable eclatant d'une finesse extreme, vierges de toute presence humaine permanente, coincees entre de hautes collines de rochers et d'eucalyptus melles, par la calenque des chasseurs de phoque, dont le nom ne correspond plus aux vues paradisiaques sur des eaux emeraudes et turquoises, par l'un ou l'autre sommets locaux perdus dans le bush parmi les gros lezards du coin, et par un long trajet, a present de passerelles, sur un marais forestier (ou l'on se faisait jadis abondament taxer par les sangsues). Le "Ruisseau des fees" et la "Selle eventee" sont deux autres passages enchanteurs que fouleront nos bottines... Les rencontres avec la faune y sont frequentes, entre les nombreux perroquets rouges et bleu, parfois verts, les mignons possums portant leurs bebes sur le dos qui viennent piller les tentes de nuit, un nuage de fourmis volantes tombant sur la tente comme une pluie, un couple d’emeu, un echidna, sorte de poc epic marsupial, et deux serpents bruns connus pour leur venins plutot mortel...
Mais point de wombats pour Melanie.
Photos du Wilson Promontory:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/WilsonPromontory
La tres celebre “Great Ocean Road” sera notre prochain segment de chemin. Comme son nom l’indique il s’agit d’une route longeant un troncon de cote superbe et impressionant. Presque deux cent cinquante kilometres de falaises enormes, responsables d’innombrables naufrages, de formations rocheuses aux formes presqu’aussi etrange que les noms qui leur furent donnes (12 apotres, razorback, London Bridge,…), de gorges profondes donnant sur des criques presqu’innaccessibles, et quelques plages splendides, qui, s’ils font aujourd’hui le bonheur des visiteurs, plongeaient litteralement les marins d’antan dans un etat de peur panique a cause d’une combinaison particulierement dangereuse de pieges naturels et de courants violents, et ce a moins d’un jour de l’arrivee. Pierres tombales et autres nombreux monuments commemoratifs temoignent a chaque arret de vaisseaux disparus et de victimes englouties corps et ames…
Pour une touche plus joyeuse, une quinzaine de koalas sauvages s’etaient donnes rendez-vous a notre passage, dont une mere portant son petit sur le dos, rassemblement exeptionel de ces petits marsupiaux au cri rauque.
Photos de la Great Ocean Road:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/GreatOceanRoad
Laissant derriere nous la grisaille cotiere, c’est vers l’interieur des terres et la lumiere du soleil que nous nous enfoncerons, jusqu’aux Grampians, une petite chaine de montagne qui surgit de la plaine telle un raz de marree petrifie, une arrête rocheuse jaillissant vers les cieux. Au coeur de celles-ci, nous poserons la tente, et passerons la soiree de mi-voyage (deja 6 mois) autour de notre premier veritable feu de camp sous les constellations du sud. La journee magnifique qui suivra laissera libre court a la randonnee, a la recontre de cascades, de chemins vertigineux sur les cretes ou en bord de falaise, de canyons etroits et mysterieux, jadis refuges des tribus aborigines locales, de forets d’eucalyptus montrant encore les stygmates de feux recents, pour finir par une autre nuit dans la nature apres un rendez vous reussi avec une vingtaine de Kangourou, dont certaines femelles portent leur “joey” dans la poche, sur la pelouse centrale de Hall’s Gap, le chef lieu.
Photos des Grampians:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Grampians
La suite des rejouissances australiennes se fera a Canberra, la capitale, rejointe en train après un dernier passage par Melbourne. Le train, de jour, est une des facons les plus agreables de voyager a travers les paysages australiens, a la fois bon marche (particulierement avec des cartes d’etudiants), confortable, et passant loin des routes et des agglomerations. Cette fois c’est Michele, une amie d’ami, et ses enfants, qui partageront avec nous la maison familliale dans les faubourg de la plus etrange capitale que je connaisse. Ville artificielle decidee et dessinee dans les annees trente en reponse au conflit opposant Melbourne a Sydney, elle a ce cote agreable d’une ville eparpillee ou il n’y a pas grand chose de vraiment interessant a voir. Les quartiers sont eloignes les uns des autres, mal desservis par des transports en communs peu frequents et couteux, mais en contrepartie la nature est omnipresente avec de nombreux morceaux de bush, regorgeant de kangourous (nous en compterons jusqu’a 65 en une fois!), qui separent les differents faubourgs et promettent des ballades merveilleuses et tres accessibles.
En fait, ce sont plutot les alentours de la capitale qui valent le deplacement. Des parcs naturels de toute beaute, qui ont preserve des les premieres heures de la capitale des terres encore peu domestiquees, permettent aux rares visiteurs de gouter facilement la sensation grisante des premiers explorateurs du continent decouvrant ces vastes plaines remplies de kangourou et autres wallabies, encerclees de montagnes et de falaises sur lesquelles croissent eucalyptus et gum trees A cote de l’un de ces parcs, au fond d’une vallee isolee, on tombe nez a nez avec de gigantesques antennes paraboliques, symboles d’un autre age de la participation australienne dans la conquete de la Lune.
Photos de Canberra:
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De Canberra nous retrouverons Sydney, chez Daniele, une autre cousine, fille de Michael, cette fois, avant de repartir en train vers le Nord de l’Etat du New South Wales, pour retrouver mon Oncle David qui vit a 10 heures de la. David, frere aine de mon pere et pere d’Andrew, son epouse Ursula, et leur fille, ma cousine Ulani, vivent a quelques encablures australiennes (ils font 20 km comme nous en faisons 2) de Byron Bay, une region connues comme etant le paradis des surfers avec ses plages de sable fin litteralement desertes qui s’etendent sur des kilometres (voires de dizaines de kilometres), mais dont il serait imbecile d’ignorer aussi l’arriere pays compose des montagnes de la “Great Dividing Range”, ligne de partage des eaux..
Photos de Sydney:
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David et sa famille son plutot du style anciens Hippies New Age sur le retour. D’une tolerance et d’une nonchalance presque a toute epreuve, c’est pourtant avec eux que nous nous rejouirons de la victoire d’Obama a la presidence du pays le plus puissant du globe, apres avoir visite l’Ecole Steiner d’Ulani et tout en degustant des mets vegetarians concoctes par Ursula. Quelques jours de discussions (et parfois de desaccords) philosophiques de haut vol, de promenades sur les plages ou une randonnee sur le Mont Warning, avec un passage memorable a Nimbin, la capitale australienne du hashish aux batiments peints de motifs hippies dans des couleurs psychedeliques. N’oublions pas les vagues de Byron bay, au creux desquelles se sont reveles a nous, l’espace de quelques instants, quatre dauphins sautants et virevoltants… Une reunion de famille, organisee au pied leve par David, me fera recontrer plus de cousins germains que je n’en avais vu d’un seul coup auparavant, et passera le relais familial a Janice, la soeur ainee de mon pere.
Photos de Byron bay et environs:
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Sans faire de chichi, Janice me jettera les clefs de sa voiture afin que je nous conduise chez elle, pres de 400 kilometres au sud. Mere de sept enfants, mes cousins, de nombreuses fois grand mere, et meme deja arriere grand mere, elle nous accueillera chez elle a Yamba, entre la plage et les champs de cannes a sucre. Quelques jours a vivre la vie paisible et a gouter l’exellente cuisine de la doyenne de ma famille, qui en bonne gardienne du savoir familial repondra gentillement aux innombrables questions genealogiques pour lesquelles mes deux oncles m’avaient renvoye vers elle.
Yamba n’est pas vraiment un lieu de grand interet, deux jolies plages separees par un phare a la Eliot le dragon, un petit village avec sa marina, et des activites communautaires comme un festival de voiture allant des ancetres aux horribles bolides tunes…
Photos de Yamba:
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Pres de deux mois se sont deja ecoules lorsque nous retrouverons Michael et Liz, beaucoup plus au sud. Le temps de refaire nos sacs avec ce que nous avions laisse chez eux en depot, de retenter sans success notre chance a la peche, de gravir, quand meme, la Pigeon House Mountain qui offre des vues somptueuses sur un parc national meconnu mais digne du Grand Canyon, et nous serons deja vite repartis de ce pays magique a mes yeux qu’est l’Australie…
Photos de Milton:
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L’Australie exerce toujours, et sans doute plus que jamais, un atrait enorme sur ma personne. Au premier abord, et par bien des aspects, c’est un pays de cocagne, la terre du miel et du lait. Une nature bien presente et de gigantesques espaces sauvages sur un territoire tres riche en resources naturelles et paraissant sans limites, que se partagent un peu moins de vingt millions d’habitants. Une securite sociale forte, un systeme de sante publique tres developpe, un taux d’emploi relativement eleve, des politiques prenant a bras le corps un certain nombre de themes, comme la securite au travail et la mise en place de sources d’energie alternative, et, dans les grandes villes, des transports en communs sur lesquels nous devrions prendre exemple, ne sont que quelques unes des autres qualites d’un pays qui ne jure que par les produits “made in Australia”, sans parler d’un ensoleillement presque permanent ni de la proximite presque constante de plages de reves…
Pourtant l’Autralie connait et a connu dernierement des moments difficiles.
La plupart des etats, et particulierement celui du Victoria, connaissent une secheresse recurente depuis pres de dix ans. Des organismes infiltres par des interets agricoles gerent egoistement les resources aquatiques d’une partie du pays, bloquant toute tentative de mettre en place les neccessaires mesures draconiennes. Et, alors que l’eau ne se fait que plus rare, les incendies ravagent les pays avec une intensite qui ne cesse de croitre, sterilisant des forets entieres et decimant animaux et essences vegetales au passage. Les koalas, pieges aux sommets de leurs arbres en sont souvent les premieres victimes…
Relie ou non a cette problematique, la couche d’ozone ne cesse de se faire plus mince au dessus de la tete des australiens, et les cancers fleurissent comme jamais.
Les droits des travailleurs ont ete fortement revus a la baisse par le gouvernement precedent, dirrige par l’imbecile John Howard, le caniche de George Bush, qui a mene avec tant d’arrogance une politique ultra neo-liberale a l’americaine que lorsqu’est venu le temps des elections, les autraliens ne l’ont meme pas reelu comme depute (et ce alors qu’il etait premier minister sortant et tete de liste de surcroit). L’homme qui a ose dire qu’Obama etait le candidat de choix d’Al Quaeda et qui disait fierement qu’il n’etait pas desole pour les traitements infliges historiquement aux aborigines a reussi le coup de force de se faire detester par la majorite des citoyens, eccoeures de cette image pro George Bushienne qu’il voulait imposer.
Depuis, les travaillistes sont revenues au pouvoir, et Kevin Rudd, le nouveau “Premier” a fait, parmi ses premiers gestes, le pas historique et symbolique d’offrir des escuses nationales et officielles aux aborigines de la part du gouvernement australien. Il oeuvrerait a present pour faire marche arriere sur un certain nombre de mesures prises par son incapable predecesseur.
L’Australie conduit toujours a gauche mais est passee au systeme metrique. Dans cet ordre d’idee, les australiens reussiront-ils a se conscientiser suffisament rapidement quand a l’urgence de leur probleme d’eau? La plupart avait l’air de penser que ce probleme ne les concernait pas vraiment…
L’Australie a encore enormement a offrir et avec un peu de volonte politique et citoyenne ils pourraient resoudre assez rapidement leurs problemes. Nous n’avons fait qu’en effleurer la surface, le nord, le centre et l’Ouest nous deumerent inconnus. Je suis prêt a y retourner....

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