lundi 6 octobre 2008

Tahiti et la Polynesie Francaise

Sable blanc, mer tuquoise et ciel bleu: Le cliche du paradis sur terre...

Malgré l’arrivée nocturne de l’oiseau de fer, Ukulélé et fleurs de jasmins, distribuées par de belles hôtesses, attendent les passagers sous une chaleur humide conformément à la tradition d’accueil des îles.

Mais, contrairement a la grande majorité de la cargaison humaine, aucun hôtel de luxe, ni croisière, ni tour groupe ne nous attend à la sortie des douanes pour nous remettre moult colliers de fleurs. Et le restant de la première nuit sera passé sur les bancs de l’aéroport à attendre que la sixième heure sonne pendant qu’un étrange personnage se surnommant lui-même Clovis nous entretient de toutes sortes de délires et nous bénis…

Avec le jour vient aussi le « truck », sorte de camion transformé en bus, dans lequel nous nous entasserons avec nos sacs et les gens partant au travail. Direction Papeete et son fameux marché couvert, de style colonial, où se vendent les paréos les moins chers de Polynésie. Accessoire indispensable au voyageur cheminant sous ces latitudes, à la fois draps de lit, essuie de bain, vêtement ou baluchon… Hélas, le meilleur vendeur de paréo, un réré (un homme vivant une vie de femme) qui m’en avait vendu un il y a 11 ans, a disparu, parti dans les îles…

L’extrême sympathie et chaleur humaine de la vendeuse de paréos qui gardera nos lourds sacs a dos pendant quelques heures, le temps de visiter un peu plus Papeete et y faire quelques emplettes, me surprendra positivement. L’atmosphère était franchement hostile lors de ma visite précédente.

Deux paréos, un masque et un tuba plus loin, il sera grand temps de quitter déjà l’ile de Tahiti pour sauter sur le ferry le moins cher qui nous mènera vers Moorea la sublime, l’ile voisine réputée pour ses plages et ses paysages « clichés de paradis ». Notre plan était d’y rester quelques jours avant de pousser un peu plus loin vers d’autres iles plus éloignées.

Par facilité et par désir de retracer, une fois de plus, mes pas, nous établirons notre camp au camping Nelson, très inconfortablement serrés dans la tente avec tout le matériel d’hivers, désormais moins utile. Si visuellement le lieu est resté pareil à lui-même, un bout de paradis tropical par excellence avec ses grands palmiers se courbant sous le ciel bleu au dessus des sables blancs et des eaux turquoise, le peu de sympathie des propriétaires s’est muée en antipathie glaciale et tres désagréable.

Nous déserterons vite ces gens semblant à tout prix vouloir faire fuir les rares clients potentiels, mais pas avant d’avoir fait deux rencontres marquantes :
D’abord celle de Tapu et Minarii, un couple de polynésiens travaillant a Papeete, venus passer le weekend ici avec leur pirogue à flotteur unique, qui se prendront d’amitié et de curiosité pour ce couple de belge faisant le tour de la terre.

Ensuite celle de Laura, Nico et Marie, sœur et couple venus de Lille pour accomplir une quête familiale très personnelle, rencontrés autour d’une noix de coco. C’est que ces noix, que l’on peut ramasser un peu partout sur la plage (et gratuitement, ce qui ne gâche rien dans des lieux aussi couteux que Tahiti), ont une cosse très épaisse, qui nécessite un « coupe coupe » pour arriver à la noix telle qu’elle est vendue dans nos supermarchés. Ayant ce genre d’outil dans mon sac, nous avons ouvert la coco et fait connaissance en agrémentant le jus avec un petit rhum local. Alors que nous portons cet apéritif improvisé à nos lèvres, des baleines à bosses feront quelques sauts majestueux hors des vagues, juste en dehors du récif qui protège le lagon, spectacle magique et impressionnant…

C’est en compagnie de ces derniers que nous changerons d’horizon, pour nous poser quelques trois cent mètres plus loin, au Moorea camping. A vrai dire, je ne me souviens pas d’une décision plus heureuse que ce déménagement ; ce fut tout de suite le coup de foudre avec ce le lieu sans doute plus rustique, bien moins cher (et pour une vrai chambre s’il vous plait), et agrémenté du grand sourire de Bénédicte, la charmante tenancière du lieu, qui nous ravit d’emblée.

Très rapidement, le petit groupe fait l’heureuse connaissance de Thomas, le gardien du lieu, bout en train et rassembleur qui s’est empressé de nous proposer de mettre quelques sous en commun pour préparer un « Maa’ a », repas traditionnel tahitien. Prudents au départ, nous avons d’abord marchandé le montant de la participation qu’il proposait. Méfiance inutile en découvrant la quantité et la qualité des aliments préparés, poissons et poulets attrapés par ses soins puis grillés au feu, du riz à l’œuf, du taro et d’autres légumes, et une sublime sauce à l’ail. Durant les agapes, Thomas nous présente Julien, cliché typique de l’homme Polynésien, grand, costaux, cheveux noirs long et tatouage tribal sur peau bronzée. Pourtant, loin d’être un tombeur professionnel habitué des touristes, comme on en trouve un peu partout (et il en a l’apparence), il s’avère être un homme charmant et timide, plongeur dans un ferme perlière située beaucoup plus loin dans les îles, en vacance dans son propre pays.

Je ne sais pas comment, mais ce repas fut le point d’orgue de cette série de rencontres, et le début d’une belle histoire d’amitié. Les jours se succéderont les uns aux autres, sans que nous ne réussissions à lever l’ancre, entre trempettes dans des eaux délicieuses, farniente (un mot normalement bannis de mon langage), promenades et récoltes de noix de coco, sur une plage quasi déserte depuis la fermeture des deux complexes les plus important du lieu, les défunts Club Med et Moorea Village, couronnés chaque fois par un repas de style communautaire où tous les plats sont partagés, sous les auspices de notre bon Thomas et du rire bon enfant et communicatif de Julien. Plus question de pot commun ni de participation financière, chacun apporte ce qu’il peut, bière, pates, riz, viandes, apéro, …, et presque invariablement de délicieux poissons péchés par notre gardien préféré durant l’après midi.

Nous ne décollerons plus, la compagnie de nos trois français et de nos amis polynésiens (aussi légalement français), agrémentée des conditions paradisiaques de Moorea nous suffisant amplement. Au diable le plan et à d’autres les îles plus lointaines…

Sur les quinze jours passés la, à ne pas faire grand-chose d’autres que se reposer et profiter de la vie, en amoureux ou entre amis, deux sorties s’imposeront néanmoins à notre petit groupe. Pour la première nous louerons a bon prix (bon pour nous), des kayaks soit disant de mer afin de traverser le lagon jusqu’aux motus (ilots de lagon), où l’on peut, parait-il, observer des raies et des petits requins de récifs. Les raies seront par deux fois au rendez-vous, véritable ballet aquatique envoutant, elles se passent les unes sur les autres, les unes autour des autres, tout autour de nous. Munis de nos masques et tubas nous irons les rejoindre, les plus grandes devant bien faire 1m50 d’envergure… Quelques instants à peine après être rentrés dans l’eau, trois formes plus effilées s’approchent… Tout de suite reconnaissables, ces petits requins d’1m50 à 2m de long nous mettront pourtant un peu mal à l’aise, et nous remonterons bien vite sur nos frêles esquifs de plastique, afin de les observer depuis la sécurité toute relative qu’ils procurent. Ils repartiront aussi vite qu’ils sont venus.

La deuxième que je mentionnerai fut une longue promenade qui allait nous mener jusqu'à l’intérieur de l’île en passant par le col des trois cocotiers. Une bonne marche a travers la jungle humide de l’ile, durant laquelle Julien nous montre plusieurs plantes locales et s’amuse à nous faire des couronnes de fougères, mène jusqu'à l’une des immenses brèches dans la lèvre de l’ancien cratère du volcan gigantesque que fut Moorea il y a de nombreux millénaires. Depuis le col, où ne pousse aucun cocotier, de très hautes falaises s’amincissant vers le sommet, ultimes témoignages de la taille impressionnante atteinte par le volcan, nous dominent sur les deux cotés telles des gardiens d’un sanctuaire intérieur. Vues des hauteurs, les couleurs saphir, turquoise et émeraude des eaux du lagon, font de l’ile toute entière un joyau somptueux digne d’être exhibé sur la poitrine de quelque divinité polynésienne de la mer. Peut être ces iles perdues au milieu de l’immensité aquatique sont-elles perçues comme telles par quelque esprit planétaire new âge… Le chemin poursuivra sa route dans la jungle intérieure, en passant à travers un lieu à l’atmosphère féerique dans lequel des centaines de petits cairns (empilements) de pierre sont disposés autour d’une source, jusqu'à d’anciens Marae, les enceintes sacrées de Polynésie où étaient honorés les ancêtres, situés en lisière de grands champs d’ananas. Nous reviendrons facilement en stop, non sans s’être d’abord arrêtés pour déguster quelques délicieux sorbets frais vendus au lycée agricole.

Le temps passe rapidement quand on ne fait que profiter de la douceur de vivre des tropiques, et le moment des adieux ne viendra que trop vite. Thomas nous préparera un repas particulièrement merveilleux le soir précédent le départ groupé et nous discuterons en nous amusant des choses simples de la vie bien tard le soir, en descendant canette après canette d’Hinano, la bière polynésienne. Julien disparaitra le matin du départ, peut être parti afin de dissimuler sa peine, et nous craindrons de ne pouvoir lui faire les adieux appropriés. Il réapparaitra une heure à peine avant le coup de sifflet, porteur d’un cadeau royal pour chaque couple et pour Laura: Une superbe perle noire… Il était parti voir son patron à Papeete pour négocier trois perles avec lui. Des perles à la culture desquelles il a participé… A ce jour, je suis toujours bouche bée devant ce présent somptueux.

L’heure fatidique tombant, les adieux seront remplis d’émotions, nos amis polynésiens, les larmes aux yeux, nous dirons avec fortes embrassades que jamais des « français » n’avaient été aussi gentils avec eux, que nous sommes les premiers à avoir adressé la parole à Julien lors d’un de ses congé au Moorea camping… Bénédicte, pleurant à chaudes larmes, passera des colliers de coquillages faits par sa maman autours du cou des filles. C’est donc le cœur serré que nous monterons dans le truck qui nous emmènera au ferry a destination de l’ile de Tahiti, et d’une nuit de plus sur les bancs de l’aéroport…

Et dire que, malgré la beauté incroyable des lieux, je n’avais guère aimé le climat humain de ces iles lors de ma première visite. Les gens y étaient alors franchement antipathiques si pas carrément agressifs… Que s’est-il passe en 10 ans ? Fut-ce juste la chance de rencontres différentes ?

La Polynésie que j’avais rencontrée jadis sortait à peine du choc des champignons (nucléaires) que Chirac avait fait pousser sur une de leur ile, déclenchant une haine de tous ceux qui étaient perçus comme « français », alors qu’elle était encore au sommet de son âge d’or touristique. Certains que, peu importe la façon dont ils les traitaient, les touristes continueraient toujours à affluer vers leur paradis terrestre, ils régnaient en maitres arrogants, avides et trop gourmands. Et les prix sont devenus insensés…

Dix années ont passés, et, bien que les gros resorts internationaux fassent encore le plein de clients fortunés, cet âge d’or est à présent derrière eux, détruit en grande partie par les propriétaires terriens, hôteliers, artisans, restaurateur et autres métiers du tourisme, voulant toujours plus de sous pour le privilège de visiter « leurs iles ». Aujourd’hui, les plages de Moorea sont agréablement vides, au grand désespoir des « petits » qui gagnaient leur vie en marge du tourisme.

Le Club Med a claqué la porte lorsque le propriétaire du terrain sur lequel il était établi a voulu multiplier par cinquante ( !) le prix de location du mètre carré, certain qu’il était que d’autres se jetteraient sur l’affaire le cas échéant. En attente depuis des années d’un improbable repreneur, les cases grands luxes et les bâtiments communautaires pourrissent lamentablement au bord de l’une des plus belles plages de l’ile, enfin ouverte à tous. L’histoire du Moorea Village, l’autre lieu branché du coin, qui offrait gratuitement des spectacles de danses polynésiennes, n’est guère plus élogieuse, avec le seul avantage que les cases en matériaux périssables ont déjà presque rejoint leur élément primordial.

Rajoutons à cela le fait que les voyageurs et touristes indépendants ne font guère plus un si long détour, effrayés sans doute par l’après 11 septembre et dégoutés par les sommes astronomiques qu’il faut débourser pour profiter de paysages que, sommes toutes, on peut trouver en Asie ou dans les Caraïbes pour une fraction de la distance et du cout. Comme quoi, la manne touristique peut se tarir…

La Polynésie n’a pas, non plus, été épargnée par une succession de scandales politiques et de dirigeants véreux détournant une grande partie, sinon tout, des subsides (au développement, sociaux, économiques,…) en provenance de « la métropole » (entendez la France continentale). Le « Président polynésien » actuel semble essayer de mettre un peu d’ordre dans ce fatras. En récompense de ses efforts, il se retrouve sous un feu nourri en provenance d’une opposition frustrée d’avoir perdu la poule aux œufs d’or, et bien déterminée à lui mettre des battons dans les roues, ne fut-ce que pour camoufler un peu plus longtemps ses exactions (dont une loi, vexante pour les voyageurs, interdisant aux bateaux reliant les iles de prendre plus qu’un nombre très limité de touristes afin de favoriser leurs actions dans la nouvelle ligne aérienne locale).

Etrangement, malgré un cout de la vie très élevé, une morosité économique latente, et la diminution dramatique du nombre de touristes, l’ambiance est incroyablement meilleure qu’il y a onze ans. A croire que les polynésiens sont redevenus fidèles à leur image d’accueil et de sympathie légendaire. Hormis deux exception notoires (les glaciaux tenanciers du camping Nelson, et la gérante de l’information touristique de Moorea, qui nous a carrément menti sur les promenades de l’ile afin d’essayer, sans succès, de nous vendre un tour guidé ultra cher), il m’aura fallu deux visites et onze années pour apprendre, finalement, à aimer ces iles et leurs habitants…

Tahiti reste dans mon esprit l’exemple qu’un changement positif d’attitude par rapport au tourisme est possible, et j’en repartirai les poches un peu moins remplies mais enchanté. Merci à Thomas et à Julien pour leur compagnie si formidablement agréable et pour l’amitié qu’ils nous ont témoignés, merci à Julien de m’avoir montré comment ouvrir une « coco sans coupe coupe », merci a eux de m’avoir permis de changer mon opinion sur la Polynésie…

Rapa Nui, l'Ile de Paques

Crepuscule sur une civilisation...

Après les rigueurs de l’hiver austral et des -15 degrés habituels, le climat tempéré de l’Ile de Pâques nous fit l’effet d’une bouffée de chaleur. Chaleur en apparence tout de suite communiquée par notre hôte, Estéban, un des fils de Marie de Puerto Montt, qui nous accueillera à l’aéroport en nous passant des colliers de fleurs atour du cou. Anthropologue, il était venu travailler sur l’Ile pour le parc national, emmenant avec lui sa femme et son fils. Il y est reste après la fin de son contrat, vivant de petits boulots et comme guide touristique.

Nous avions une semaine sur l’ile, petit bout rocheux de 28km dans sa plus grande longueur, perdu au milieu du Pacifique, à 4000km des cotes Chiliennes et à 3000 de Tahiti. Pourtant, malgré son isolation, l’Ile exerce une forte attraction sur un nombre sans cesse grandissant de touristes, le plus souvent en gros tours groupes, de voyageurs et autres baroudeurs. Tous ces gens, nous y compris, accourent ici a la rencontre du soi-disant “mystère de l’ile de Pâques”.

Entre 600 et 800 statues de grandes tailles, appelées Moais, se retrouvent un peu partout sur l’ile, côtoyant d’autres ruines, murs cyclopéens et de nombreux pétroglyphes. Quelle civilisation incroyable les a édifies, si loin de tout? D’ou venaient-ils? Pourquoi a t’elle disparu, et comment? Telles sont les questions habituelles des visiteurs de Rapa Nui, le nombril du monde, l’autre nom de l’ile. Si les hypothèses de réponses les plus probables paraissent moins excitantes que les questions, la simple présence massive de ces Moais, ou que l’on regarde sur cette ilot volcanique balayé par les vents suffit à plonger le voyageur dans une frénésie de la découverte.

L’histoire habituellement racontée parle d’un roi légendaire, Hotu Matua, qui serait arrivé avec son people à bord de grand canoës de mer, aux alentours de l’an mil (de notre ère). Ils auraient colonisé l’Ile, alors couverte d’arbres, et auraient commence à reproduire leur culte des ancêtres avec la pierre locale. Les villages se différencièrent, chacun ayant son Ahu (plateforme), parfois surmonté de Moais, regardant le village, et entrèrent en compétitions en fabricant des statues de plus en plus grandes, sous l’idée générale de “mes ancêtres sont mieux que tes ancêtres”... Quelque part Durant le 17eme siècle, un conflit accompagne d’un appauvrissement des ressources éclata, et les Moais furent jetés a terre ou simplement couchés. A peine un nouveau culte, celui du Make Make et de l’homme oiseau, englobant toute l’ile, vi le jour, que l’homme blanc arrivait sur ses bateaux, sonnant le glas de cette civilisation.

Sur 8 jours, nous en avons passé un a l’abri de la pluie chez nos hôtes, endurant les tensions internes d’un couple paraissant mal en point et peu heureux, et 7 autres à battre la sublime campagne rugueuse, mais inspiratrice, à la recherche des traces innombrables laissées par cette civilisation d’origine polynésienne dont les représentants ont presque disparus sous les coups des esclavagistes ou autres baleiniers passant par la au 18eme et 19emes siècles.

Sans décrire chacun des lieux visites, afin d’éviter une lecture longue et fastidieuse, voici néanmoins certains des lieux évocateurs que nos pieds ont foules.

Ahu Akivi, plateforme avec ses 7 Moais “regardant la mer” et qui représenteraient les 7 premiers explorateurs envoyés par Hotu Matua (rien n’est moins certain), que nous avons rejoins en passant a travers des champs de laves remplis de ruines de « maisons bateau » et de pétroglyphes représentants des tortues, étoiles, bateaux,..., sous la guidance de notre hôte Estéban par un beau dimanche ensoleille.

Ana Kai Tangata, et de nombreuses autres cavernes perdues, immenses et anciens tubes de lave courant sur des centaines de mètres sous la croute volcanique, signales par seulement quelques touffes plus épaisses. Car c’est à l’ abri des grottes effondrées que les jeunes arbres trouvent leur seule protection contre le vent, survivent et poussent.

Orongo, site cérémoniel compose de nombreuses “maisons” en pierre, situe sur une des lèvres éventées du cratère du volcan Rano Kau, au fond duquel repose un lac marécageux, et qui était, une fois l’an, le centre de toutes les attentions de l’ile lors du concours de l’homme oiseau, et du culte du Make Make. Durant le concours, les compétiteurs devaient descendre un flanc de falaise, nager jusqu’a un ilot rocheux dans une eau froide et malgré un fort courant, attendre l’arrivée des oiseau migrateurs, et essayer d’être le premier a trouver et a ramener un œuf. Celui qui gagnait devenait “l’homme oiseau” pour un an, et durant ce laps de temps son village dirigeait littéralement l’ile. Cette pratique serait survenue après la chute des Moais, et le soi-disant conflit.

Ahu Vinapu, avec ses Moais encore face contre terre, couches délibérément (c’est une des théories actuelles) ou renverses sauvagement, lors de “l’effondrement” ou de la mutation de la civilisation Rapa Nui, comme ce fut le cas partout ailleurs sur l’Ile. Un très beau site en bord de falaise maritime, qui mystifie encore certains chercheurs avec ses murs cyclopéens dont le style fait fortement penser a ceux de Cuzco, capitale des Incas. Murs qui ont conduit Tor Heyerdhall à échafauder sa théorie, a présent rejetée, selon laquelle les rapa nui étaient d’origine sud américaine.

Anakena, lieu légendaire de l’arrivée du roi Hotu Matua, ou se trouvent les 1er Moais relevés par Heyerdhall, sur leur plateforme jouxtant une sublime plage de sable rose bordée par la dernier palmerais de l’ile. C’est le cliché-illusion des tropiques...

Ahu Tongariki, la ou se trouvent les plus grands Moais jamais dressés (et redressés dans les années 50 par une équipe japonaise). 15 immenses statues, avec leurs moues typiques, leurs grands nez, leurs longues Oreilles, certaines avec leur pukao (chapeau de pierre rouge), vous dominent et vous surveillent du haut de leur bonne dizaine de mètre, et plus...

Pour finir par le volcan Rano Raraku, la carrière aux Moais, autour et au sein duquel reposent encore des dizaines de géants de pierre non ou plus ou moins achevés... Le plus grand d’entre eux, encore accroche a la paroi, aurait mesure 21m a sa naissance. Apres Orongo sur les bords du Rano Kau, le volcan Rano Raraku est l’autre point focal de la civilisation de l’ile, l’autre volcan avec un lac en son centre. Deux lacs, deux unique points d’eau permanents, le vrai trésor des rapa nui, leurs sources de vie.

Entre ces lieux, beaucoup d’autres se livrent aux visiteurs prêts à s’écarter un peu des sentiers battus. Les mountains bikes prêtés a cet effet par Estéban seront nos fideles coursiers et nous mèneront de ruines en ruines dans ce qui a du être pour Mélanie un véritable marathon des vieilles pierres.

Pourtant cette ile ne se résume pas qua son incroyable collection de grandes statues énigmatiques, c’est aussi un lieu sauvage et rude d’une incroyable beauté. Entre monts volcaniques de toutes les tailles, anciens champs de lave aux grands blocs de basaltes noirs, falaises, péninsules, ilots et un centre assez boise, entourée par des eaux tumultueuses, aux couleurs vives et nuances, qui se fracassent contre les roches côtières, parfois juste a cote des ruines oubliées, dans d’incroyables explosions d’écume blanchâtre, le tout sous des cieux sans cesse changeants, qui passent de grands nuages blancs a rayons de soleil et lumières superbes au gré d’un vent permanent, c’est un délice pour les yeux.

Ruines nombreuses et nature majestueuse, c’est dire combien l’archéologue voyageur que je suis a apprécié se retrouver à nouveau dans cet endroit envoutant...

Au niveau des impressions générales, les choses ont bien change depuis mon premier passage il y a 11 ans presqu’exactement.

Le tourisme a explose, les 10000 visiteurs par an de jadis ont gonfles jusqu’a 60000 l’an passé, amenant leur lot d’exigence et d’influences. Pas un jour ne passe sans être dépassés par de nombreux tours bus bourres à craquer, la ou avant on pouvait avoir un site pour soi seul.

L’attitude des locaux s’est muée d’amicale et accueillante en purement commercial (c’est à dire que l’on ressemble a des dollars ambulant pour eux), avec l’apparition de dizaines de nouveaux hôtels, restos, et pseudos guides racontant souvent vraiment n’importe quoi (non, même si j’aime les romans de science fiction, les Moais n’ont pas été faits par les descendants du people Mu ou atlante, ni par des extraterrestres désireux de s’essayer a la sculpture monumentale. Jusqu’a preuve du contraire...)

Les prix ont explosés, tant pour les visiteurs que pour les locaux. Tout coute 3 à 4 fois plus cher que sur le continent. Le camping libre et gratuit à coté des postes de gardes parc, et des Moais, sous la voute étoilée à la chaleur d’un feu de camp, est aujourd’hui formellement interdit, résultat d’un lobbying féroce des hôteliers locaux, accusant le parc de concurrence déloyale, malades a l’idée qu’une petit poignée de dollars puisse ainsi leur échapper. Finie donc la rencontre avec de charmants gardes vous invitant a partager un repas fait de magnifiques poissons ou langoustes pêchés par les soins de l’un d’eux...

Du bon coté (c’est relatif), les sites principaux, jadis libres et ouverts, se sont garnis de sentiers obligatoires desquels il ne faut même pas penser s’écarter. Précaution essentielle devant les déprédations infligées par des hordes de touristes se croyant tout permis parce que payant chers, assaillant quotidiennement et sans grands respect ces lieux exceptionnels.

A propos de cette véritable invasion touristique, aidée par le film “Rapa Nui”, Estéban nous racontera certaines anecdotes croustillantes:

Il semble qu’après la sortie du film dans les salles, de nombreuses touristes de la bourgeoisie chilienne ont commence à se ruer vers l’Ile de Pacques, imaginant une ile paradisiaque a la polynésienne. Certaines viennent pour les plages et la chaleur, et repartent incroyablement déçues “parce qu’il n’y a rien à faire ici”. Alors que d’autres, également peu attirées par les ruines “et ce genre de machins la”, viennent en nombre à la recherche d’un peu “d’amour tropical”, excitées par le cliché du male viril, torse nu et tatoué, cheveux longs flottant au vent sur son cheval, si bien propagé par le film. Celles-ci ne repartent point déçues puisqu’il y a bien sur de nombreux males du style, offrant à la touriste solitaire une visite intime dans leur “grotte secrète”... Moins comique néanmoins, la multiplication enregistrée des viols de touristes ayant sans doute mal compris le prix à payer pour ces “visites très privées”.

Sans doute gêné par l’atmosphère se dégradant sans cesse du foyer de nos hôtes, et le poids des non dits envers nous, ainsi que par les attitudes capitalo-capitalistes des habitants, je repartirais de l’ile moins enthousiaste que la première fois. Par chance, les quelques conversations passionnées sur les légendes de l’ile avec Estéban, de nombreuses nouvelles découvertes personnelles, et la présence de Mélanie à mes cotés, auront grandement contribués à me laisser néanmoins un bon souvenir de Rapa Nui. Deux visites de l’ile de Pâques sur une vie sont déjà une chance énorme. Je ne pense pas y faire une troisième fois le détour, afin d’en garder les bons souvenirs et les énigmes...

En quittant cette ile, nous quittions formellement le Chili et le monde hispanophone. Parler cette belle langue qu’est l’Espagnol me manquera...

Photos de Rapa Nui:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/IleDePaques

dimanche 10 août 2008

Le Chili et l'Argentine

Eglise blanche sur fond de ciel tres bleu: L'incontournable petite eglise de San Pedro de Atacama, l'une des plus anciennes d'Amerique du Sud.

Si l’entrée en Bolivie ne fut pas fracassante, l’arrivee au Chili nous fit un choc.

D’abord le choc, puis le silence agreable des roues rencontrant a nouveau une belle couche de bitume 500m apres un poste frontiere situe au milieu de nulle part dans un décor martien de sables et de montagnes rougeatres, a 4000m d’altitude. Puis, ensuite, le choc d’une fouille complete des sacs par un organisme d’inspection agricole, a l’entrée de San Pedro, charge de debusquer les viandes, fruits et produits laitiers d’ailleurs, tous interdits au Chili qui pense ainsi preserver son agriculture et son economie. Le troisieme choc, le plus fort, fut celui des prix. Celui-ci nous assoma presque tant la difference du cout de la vie avec la Bolivie est forte. Si 20 euros vous ouvrent les portes d’un logement luxueux dans beaucoup d’endroits de Bolivie, c’est ici, a San Pedro de Atacama, les prix d’une chambre miteuse et bien froide.

Vous l’aurez compris, San Pedro de Atacama fut notre premiere etape dans le pays d’Allende et de Neruda. Situe en plein coeur du desert d’Atacama, au milieu de belle curiosites naturelles (que certains decriraient comme des gemmes ou des joyaux, mais alors sans avoir vu la region du Salar d’Uyuni, d’ou nous venons), San Pedro est “l’ENDROIT” touristique du Nord Chili. Petit village a l’allure tres Western, au joli petit centre pietonier auquel il ne manque que chevaux et hors la loi pour se croire dans un film de Sergio Leone, ils ont su y garder une ambiance relachee (la vie n’y demare qu’a 9h30) et visuellement differente. Une ambiance qui se paye pourtant cash dans les resto ou les auberges du coin.

Si nous n’y recherchions pas les incroyables splendeurs du sud ouest bolivien, les environs recelent neanmoins quelques lieux remarquables.

La Gorge du Diable, labyrinthe compose d’etroits et hauts canyon de sable et de cristaux salins meles, dans lesquels on peut, dit-on, rencontrer le malin en s’y perdant. Veritable dedale, qui mene apres plus d’une heure de marche vers uens sorte de vallee centrale, plus large, d’ou partent de nombreux embranchements peu ou pas visites… Nous en sortirons apres plusieurs heures, sans avoir fait la rencontre du suppose maitre des lieux, mais les yeux remplis de l’etincellement des inombrables cristaux se sels sous les feux d’un soleil de plomb et d’un ciel azure.

La vallee de la Lune est sans doute le lieu le plus connu des environs, vaste ouverture dans le chaos rocheux, on dirait un immense cratere lunaire, decoupe dans des roches bariolees de blancs et de roses, aux formes angulaires et violentes, que traverse d’un cote une immense barriere de sables rougeatre. Nous avions rejoint ce “must do” en bicyclette, apres un bref passage par d’anciennes mines de cuivre, afin d’y admirer les ombres et tons changeants lors d’un coucher de soleil, paroxisme du cliché touristique local.

Photos de San Pedro de Atacama:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/SanPedroDeAtacama

Quittant vite ces parages couteux, nous avalerons pres de 2000km en deux journees de bus, vers Santiago, la capitale. Notre arret sera bref dans cette ville qui a vecu les heures les plus sombre de ce que reserve la reaction capitaliste face a la mise en place d’un socialisme pourtant modere. Lors d’un autre 11 septembre, l’armee dirrigee par un certain Pinochet bombardait le palais presidentiel et “suicidait” Allende, pour ensuite retablir pleinement tous les droits de proprietes privees (de preference enormes et pour quelques uns seulement) et d’exploitation des travailleurs, en plongeant le pays dans de longues annees de terreur, d’oppression, de meurtres et de disparitions jamais ellucidees. Pablo Neruda et Victor Jara, deux artistes de genie, ont quittes ce monde dans les premiers jours de la dictature (l’un sous la torture mentale, l’autre physique), nous privant a tout jamais de leurs regards critiques et de leurs lumieres.

Bien que le meurtrier en chef soit mort sans jugement, l’histoire a sa revanche: Ses descendants (rendus riches par les extorctions se leur sinistre parent) sont mis au banc de la societe, leurs comptes en banques soigneusement examines, sinon bloques. Une statue d’Allende trone a present devant le ministere de la justice, qui poursuit “enfin” les responsables restants des “enlevements permanents” (puisqu’il ne peuvent pas etre juges pour les meurtres, ils le seront pour les disparus dont le sort n’est pas “officiellement” connus). Et le pays a de nouveau une presidence socialiste en la personne de Michele Bachelet.

Nous serons heberges chez Camilo, neuveu d’un bon ami et camarade ancien exhile politique du pays, qui partagera avec nous sa chambre d’etudiant et les notes envoutantes qu’il tirera de son piano en bon academitien.

Photos de Santiago:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Santiago

1000km plus bas, c’est Mary, mere de Camilo et soeur de l’ami Teo, qui nous reservera un accueil incroyable, presque familial ou fraternel, a Puerto Montt. Partageant sa maison entre lieu de vie et magasin de deguisements, Mary nous permettra de poser nos sacs quelques temps en toute confiance et de respirer enfin en dehors des incertitudes du voyageur, a la rencontre des siens, de son histoire, et de celle du pays tout entier. L’histoire d’une famille militante et idealiste, qui s’est eparpille sur la surface du globe apres le deces innopine du pere suite a une “visite” des soldats bottes et casques du General P. L’histoire, aussi, d’une mere qui, restee seule au pays, a confronte la fatalite et a eduque seule 4 enfants durant les plus noirs moment du Chili. Bref, quelqu’un pour qui mon respect et mon affection sont immenses.

Au nord, la ville est bordee par la region de lacs, melange de surfaces aquatiques mirroitant les grands volcans, cones parfaits et enneiges, qui les separent, et d’ou coulent des torrents impetueux d’une eau si bleue en provenance des hautes neiges…

Les vieux quartiers de la ville, anciennes maisons ou echoppes de pecheurs ou poissoniers, transformees aujourd’hui en marche plus ou moins touristique, encore parseme de gargotes traditionnelles qui vendent le curanto (plat typique mellant poissons, fruits de mers et saucisses grasses), font penser au village de Popeye du film qui lanca l’exellent Robin Williams.

Photos de Puerto Montt:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/PuertoMontt

L’ile de Chiloe, jadsi refractaire a tout ce qui venait du continent, conserve plus encore ce caractere de village de pecheur a la Popeye avec ses maisons aux murs et au tuiles en bous d’alerce peints de couleurs autrefois vives. Nous y degusterons un temps bien “de chez nous” entre pluie, grisaille et vent.

Photos de Chiloe:
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Laissant une premiere fois Mary et son compagnon, le tres sympathique Hardy, nous nous embarquerons sur le Puerto Eden a destination du Sud de la Patagonie. Cinq jours et quatre nuits de navigation dans les canaux patagoniens, fjords immenses qui feraient palir de jalousie les scandinaves, avec un passage penible par le Golfe des “peines” tristement connus pour faire decouvrir “l’exquise sensation du mal de mer”, et ce meme aux marins les plus endurcis, nous menerons de Puerto Montt a Puerto Natales en passant par Puerto Chacabuco, Puerto Eden (du meme nom que le navire), a cote du Cotopaxi, vieille epave fantome fichee sur un eperon rocheux, et a travers le Paso White, un etroit passage qui ne laisse qu’un dizaine de metres de chaque cote du bateau pour la manoeuvre…

N’etants que vingt a bord (contre plus de 220 en ete), le capitaine, un petit homme enjoue, interessant, mais aussi completement maitre de son navire, laissera libre acces a la passerelle.

C’est a son bord que nous penetrerons sur le territoire du Grand Champs de Glace Sud, troisieme plus grande etandue glaciere de la planete, l’une des seules qui progresse encore chaque annee, et ce de facon spectaculaire. Celui-ci conquiere pres de 200 metres par an, avallant tout sur son passage, arbres, rochers et cours d’eau.

Photos des canaux Patagoniens:
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C’est avec une certaine emotion que nous quitterons le bord du Puerto Eden pour mettre pied a terre a Puerto Natales par une journee radieuse mais glacee. Ce lieu rappelant des images de villages nord canadiens est aussi la frontiere avec le parc naturel Torres del Paine, dans lequel nous avons choisi de marcher et de camper trois jours en compagnie de cinq sympathiques francais rencontres a bord.

Fous que nous sommesde vouloir affronter les rigueurs de l’hivers austral, et celui-ci nous accueillera dignement le premier jour. Cinq heures de marche, le visage baisse, sous une pluie fouettante et un vent de face de pres de 70km/h. C’est dire si nous arriverons trempes jusqu’a la moelle au campement! Le temps de monter la tente et d’essayer vaille que vaille de secher les affaires, nous avalerons un repas rapide avant de nous coucher transis.

Le reveil sera blanc, une epaisse couche de neige aura remplace la boue et la pluie, mais le ciel reste charge. Quoiqu’encore fortement evente, la pluie a fait place a la neige, et la journee se passe dans un décor enchanteur entre lacs d’eau glaciale et montagnes se perdant dans la brume, le tout couvert d’une couche de neige fraiche s’epaississant sans cesse. A mi chemin, de gros glacon d’un bleu presqu’artificiel, style curacao, flottent nonchalement sur le lac Grey en contrebas. Grands Icebergs venus du nord qui s’echouent sur les rivages, ou ils fondent jusqu’a disparition, d’immeubles de glace a goutte…

Immense mur bleu barrant l’horizon, le but de notre equipee apparaitra au loin: Le glacier Grey! L’un des bras descendant du grand champs de glace sud. D’un bleu pareil a celui des icebergs don’t il est le pere, le glacier Grey, a la paroi haute de nombreuses dizaines de metres craque et recraque de facon sonore. Impressionant, vraiment impressionant!
L’ultime journee sera notre recompense, belle et calme sous le tapis blanc. Les montagnes spectaculaires du parc se devoilent sous leurs robes de neige satinee. Le décor feerique nous offrira en prime des renards sauvages et des condors de sucroit.

Photos du Torres del Paine:
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De retour a la civilisation, l’hivers a pris ses pleins droits, et la route jusqu’a Punta Arenas ne sera qu’une couche ouateuse, que devra apprivoiser lentement le bus avant d’arriver sur les bord du detroit de Magellan. Notre route longera ensuite celui-ci jusqu’a la frontiere d’Argentine, qu’il nous faudra franchir trois fois en tout, a cause d’un trace territoriel peu heureux, avant de pouvoir atteindre le bout du monde.

Ushuaia, le bout du monde, la ville la plus australe de la planete, se livrera a nous dans toute sa splendeur hivernale. Entouree de montagnes alpines chargees comme les lanetours de l’accumulation soyeuse des innombrables flocons tombes recement, la ville et un port important qui a des aspects scandinaves ou suisses, plutot que latimo americain. De l’autre cote du canal de Beagle, 4000km plus bas, c’est le Pole Sud. La frontiere de l’antarctique n’est, elle, qu’a un millier de kilometres… Pourtant ce n’est pas cette fois-ci que nous irons chatouiller la banquise et les pingouins.

Photos d'Ushuaia:
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Tournant a nouveau nos pas vers le nord, la route, toujours blanche, nous ramenera vers Puerto Montt en passant a travers des lieux aux noms evocateurs: El Calafate, Bariloche,… Tous profondement plonges dans l’hivers eux aussi.

Mary nous accueillera de nouveau quelques jours chez elle avant que nous ne repartions vers le Nord encore, vers Santiago, d’ou doit decoller l’oiseau de fer qui nous enmenera sur Rapa Nui, l’Ile de Paques…

Photos du retour vers Puerto Montt:
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Pour les impressions generales, le Chili fait l’effet d’un retour vers la modernite qui nous semble naturelle en Europe. Le contraste avec la Bolivie, et le Perou dans une moindre mesure, est saisissant. Les routes sont en bon goudron, entretenues et larges, favorisant une mobilite fluide et rapide. L’economie semble prospere et le niveau de vie beaucoup plus eleve qu’ailleurs dans cette partie du monde. Des droits des travailleurs ont ete reinstaures et le pays met en place des mesures sociales.

Mais, bien sur, le rose absolu n’existe pas! Des lieux jadis plus ou moins preserves sont en proie aux assauts quotidiens de milliers de touristes. C’est le cas de la vallee de la Lune, dans laquelle nous etions une quinzaine pour admirer le couche de l’astre il y a presque 11 ans jour pour jour, contre sans doute 300 a 400 personnes aujourd’hui.

Le cout de la vie a explose pour le voyageur, et il faut imaginer l’impact sur les gens vivant ici, dont les revenus n’ont parfois augmentes que marginalement…

De plus en plus de laisses pour comptes se retrouvent pieges dans une economie ultra liberale, et les socialistes au pouvoir ont encore peur d’instaurer des mesures trop radicales en pensant au spectre du passe, que fait planer une armee encore trop presente… Le theme de la dictature est encore tres souvent tabou. Des generations de chiliens ont ete eduques dans la crainte et dans le silence. Beaucoup s’y murent encore devant les questions a ce propos.

Si l’economie est forte, elle a en grande partie profite du malheur des argentins, puisque bon nombre d’investisseurs etrangers ont retire leurs billes de ce pays lors du crash, pour les placer au Chili voisin.

Le pays est fort, helas la solidartite envers ses voisins ne l’etouffe pas. Les restrictions agricoles envers ses pays limitrophes limitent severement les debouches economiques de grands producteurs fruitiers comme la Bolivie. Et si Evo et Michele sont socialistes tous les deux, l’un est radical et l’autre semble pro americaine.

Pourtant de nombreuses avancees sont faites dans ce pays qui est le plus moderne d’amerique latine. Les anciens tortionaires se retrouvent de plus en plus frequement au banc des accuses. Les anciens supporters du “general” se taisent a present ou immigrent a Paris, et de plus en plus de gens osent enfin sortir du long silence.

Des droits indigenes, humains et sociaux sont remis progressivement en place. Et la conscience du milieu naturel semble la plus elevee de cette partie du continent. Parcs nationaux et reserves naturelles jouissent de bons budgets et d’une infrastructure adaptees a nos standarts.

Le travail d’une Michele Bachelet est hardu, mais de plus en plus de camarades reviennent vers le parti socialiste chiliens. Un parti qui, etrangement, chante la Marseillaise comme hymne, et non l’Internationale, jugee trop communiste.

Je lui souhaite bonne chance car j’ai appris a aimer le Chili. Beaucoup plus qu’il y a 11 ans…

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samedi 9 août 2008

La Bolivie

Le kit "offrandes au Tio" complet: Feuilles de Coca, catalysateurs, alcool et cigarettes...

L'entree en Bolivie ne sera point fracassante, un changement de frontiere sans plus... Et Copacabana, notre premiere destination au bord du Lac sacre sera, hormis les delicieuses (presque divines) truites qui y sont servies, decevante a present. Le lieu, comme tant d'autres vus au Perou, est devenu un chancre a touriste. Il reste neanmoins le point d'acces a l'ile du Soleil, berceau des premiers incas selon la legende. Cette ile, et les eaux tres bleues l'environant, ressemblent etonnament aux paysages grecs des cyclades, mis a part le grand froid et le manque d'oxygene de ces lieux-ci. Le relief du Sud de l'ile est decoupe d'innombrables terrasses de pierres datant des incas ou d'avant, certaines encore utilisees, ce qui est, helas, devenu trop rare. Le hasard a voulu que nous y arrivions durant la fete anuelle de la communaute. Les femmes ont revetus leur plus belles jupes jaune canari ou bleu petant, et les hommes leur beaux chapeaux. Le biere et l'acool coulent a flot, les premieres goutes toujours versees au sol en remerciement a la Pachamama pour ses bienfaits. Mais avec le jour qui tombe et la biere qui coule, les coups se mettront a pleuvoir. D'abord entre deux protagonistes saouls, pour s'etendre a une grosse bande. Qu'importe les nez casses et l'hemoglobine qui en coule, de façon tres andine chaque goute de sang tombant a terre est considere comme la meilleure offrande qui puisse etre faite a la terre...
Photos du lac Titicaca cliquez sur:

L'immense ville de La Paz, sommet de toutes les tensions sociales et economiques du pays, fut notre prochaine etape. Ses bidonvilles et sa zone "pauvre", nommee El Alto, se trouvent a plus de 4000 m d'altitude, dans le vent, le froid et le manque d'air, alors que ses quartiers chics, demeure des tres riches, sont, eux, a plus de 1000 metres plus bas... Chaque jours, de nouvelles cabanes de plastiques ou de toles apparraissent par dizaines a El Alto. La Paz, bien que n'etant toujours pas la capitale officielle du pays (qui est Sucre) est le concentre de tout ce qui se passe dans le pays, c'est ici que les ambassades etrangeres ont elus domicile, c'est depuis ses murs qu'Evo Morales, premier president indigene, et socialiste de surcroit, essaye de changer la destinee de la majorite de son peuple (compose a plus de 75% de "population native", terme politiquement correct pour designer la popultaion indigene). Devant les nationalisations, les programmes d'alphabetisations et de sante, et la re-legalisation de la feuille de coca (qui sert en fait a beaucoup d'autres choses que la seule production de drogue, et qui garde un immense role rituel et symbolique pour les peuples andins) mis en place par Evo, comme l'appellent affectueusement ses camarades, l'opposition des anciennes elites economiques est forte, parfois violente et souvent vicieuse. La reaction de ces gens face aux luttes et aux revendications sociales, qui ont finalement conduit Evo a la presidence, a laisse de nombreux stigmates sur les murs de la ville, a tel point que de nombreux impacts de balles sont encore visibles sur les batiments de la place principale. Aujourd'hui leur resistance prend des formes nouvelles: blocages des marches economiques, des routes, ..., et creation ou soutient des mouvements autonomistes (et plutot bourgeois) des provinces les plus riches, avec la benediction de l'oncle Sam.
Photos de La Paz cliquez sur:

La pollution de la ville devenant vite irrespirable, le chemin de Coroico et des Yungas, ces vallees descendant des hauteurs vers la pampa et la jungle (beaucoup plus basses), s'est impose a nous. Nous y etions en pleine zone "traditionelle" de production de la coca. Un jour, devant l'annonce d'une visite surprise du president, plus de 6000 personnes venues des communautes alentours se sont reunies au pied leve pour saluer ce camarade qui a rendu aux producteurs de la feuille leur fierte. Je m'etais joint a eux, et, une fois la mefiance qu'inspire pour eux ma tete de gringo passee, le contact devint chalereux et fraternel, et les discussions sur le socialisme d'ici et d'ailleurs passionnantes... En dix ans, ce peuple, qui avait jadis lamentablement re-elu Hugo Banzer (ancien dicateur prenant conseil aupres de Klaus Barbie, le nazi), s'est transforme. Il s'est incroyablement politise. Il a pris, semble-t'il, conscience de ses interets propres, de ses forces, et de ses possibilites. Bon, c'est au moins ce que m'inspirait, a ce moment, l'enthousiasme et les dires de la foule reunie. Certains de mes interlocuteurs voulurent absolument presenter ce camarade socialiste venu de Belgique a leur representant principal... Le sous prefet principal de la region des Yungas, second apres le prefet (sorte de gouverneur de la region), etait un fort bonhomme tres sympathique et tres interressant, a la joue fortement deformee par une grosse boule de feuille de coca qu'il machait. Helas, Evo ne viendra pas, et la deception de la foule de camarades fut enorme... Evo, en pleine campagne electorale pour un referundum sur l'unite du pays, quelle erreur!
Photos de Coroico cliquez sur:

Apres quelques jours de repos, nous reprimes le chemin de la pampa, pour arriver a Rurrenebaque, joli village situe a la limite des derniers contreforts montagneux et du bassin amazonien, sur les rives d'un fleuve m,ajestueux. La chaleur et le climat, apres les rudesses de l'altitudes furent vraiment bienvenus. Notre objectif etait d'aller decouvrir un peu la pampa (plaine semi herbeuse semi marecageuse, entrecoupee par de nombreux morceaux de jungle), et sa faune abondante. C'est en compagnie d'un couple de Tcheques fort sympathiques, que nous remonterons une riviere, situee en plein parc naturel, en pirogue a moteur. Nous y verrons une quantite incroyable d'aligators et de caimans (le plus grand depassant les 4.50m), d'oiseaux, de singes (capucins et hurleurs), et meme des dauphins roses d'eau douce. 4 jours et 3 nuits passes en pleine pampa, nous ont enchantes. Et l'experience finale, tres touristique certe, restera sans doute un des moments magiques de mon histoire personnelle: la baignade dans des eaux brunes au milieu des dauphins roses, jouant tout autour, la ou quelques minutes auparavant de nombreux aligators se doraient sur les berges...
Photos de Rurrenebaque cliquez sur:
Photos de la Pampa cliquez sur:

Le retour a La Paz depuis ce paradis tropical nous fera l'effet d'une teleportation vers le royaume des glaces eternelles. 19 heures d'un bus local, bonde et trop etroit, sur une piste infame pour plonger de 30 degres a moins 5, en arrivant a 4 heures du matin dans un des lieux les moins sur de la ville... C'est dire que la ville ne nous manquera point.

Potosi, notre destination suivante, est la vieille ville miniere coloniale par excellence. Situee a plus de 4000m au pied du Cerro Rico, d'ou furent extraits, du 17eme au 18eme, assez de minerai que pour construire un pont en argent massif d'ici a Madrid, c'est une ville qui brille par son architecture coloniale demeuree presqu'intouchee: De beaux edifices colores decores de moulures gravees ou sculptees, d'ou ressortent de belles terrasses couvertes faites de bois, lui aussi rempli de scenes ou de motifs graves, des eglises dont les porches et les portes etalent une richesse de gravures, statues et autres motifs fleuris, et d'anciens palais de vice-rois ou d'eveques espagnols convertis en musees. C'est qu'a l'epoque de sa gloire Potosi etait plus grande que n'importe quelle ville du monde connu (entendez d'occident).Aujourd'hui la ville reste un centre minier d'importance et le cerro rico (montagne riche) domine toujours la ville de sa masse imposante, quoi que les filons d'argent se fassent de plus en plus maigres.
Photos de Potosi cliquez sur:

Pour quelque sous, un ancien mineur reconverti en guide touristique enmene les voyageurs au coeur du labyrinthe souterrain, l'antre du Tio, maitre de l'inframonde qu'il faut accomoder par quelques offrandes, d'alcool, de coca et de tabac.Cette visite est sourtout l'occasion de se rendre compte des conditions de travail inhumaines dans ce gruyere geant, et de rencontrer les mineurs qui en vivent. Ceux-ci, pour quelques dons de coca, d'alcool, de tabac ou de dynamite, expliquent bien volontier leur vie et leur ouvrage. Ils peuvent travailler jusqu'a 20 heures par jours pour arriver au quota de minerai qui leur est impose, filtrant, selon eux, l'air vicie en machant la coca, pour un salaire de 80 a 180 dollars par mois... Rares sont les mineurs qui vivent vieux, et dire que les patrons (d'anciens mineurs reconvertis) des "cooperatives" minieres gagnent, eux, de 5000 a 8000 dollars par mois! Ceux-ci, a la maniere des barons de la drogue en colombie, n'hesitent pas a s'exhiber dans les 4x4 americains les plus chers (Hummer et autres). Afin d'en finir avec ses cooperatives qui n'en sont plus, le gouvernement pense serieusement re-nationaliser les mines de Potosi.
Photos des mines cliquez sur:

Apres les mines d'argent, nos pas prendront la direction du gigantesque Salar d'Uyuni, immense lac sale situe au coeur des andes. Region la plus fantastique, litteralement, du monde a mes yeux, le sud-ouest bolivien est un ecrin d'etranges merveilles naturelles. Le salar lui meme en est le coeur, etandue de sel enorme, grande comme un tiers de la Belgique, a la surface decoree de polygones emboites les uns aux autres sous l'effet physique des cristaux de sel. Viennent ensuite volcans parfaits et monts anciens aux couleurs melant l'ocre, les roses, les oranges, les beiges et les rouges, lagunes colorees, vertes, blanches et rouges, dans lesquelles se baignent de nombreux flamands (roses), d'etranges formes de pierres, qui donnent l'impression d'etre les ruines d'une antique civilisation de geants ou d'atlantes, sculptees sous l'effet de l'erosion eolienne. Le tout agremente de mirages incessant, de troupeau de vicognes (sorte de petit lama sauvage a la laine precieuse), et de sources thermales et de geysers.
Photos d'Uyuni et du salar, cliquez sur:

C'est en passant a travers ces paysages dignes, ici, de Mars, la bas, de Jupiter, et ici encore, de Neptune, que nous franchirons la frontiere vers la Chili.

Pour les impressions generales, certaines sont deja coulees dans la partie superieure du texte, mais la Bolivie a beaucoup souffert et souffre encore. Certains endroits, comme l'Ile du soleil et Copacabana sur le lac Titicaca, qui etaient de hauts lieux de rencontre et d'accueil, ont perdu beaucoup de leur authenticite sous le deluge de touristes, pour se metamorphoser, helas, en repaire de vampire a fric.

La Paz, qui m'etait si chere apres mon premier periple, a perdu toute grace a mes yeux. Un flot incessant et incontrole de vehicules en plus ou moins mauvais etat engendre une polution piquant les yeux et les bronches. Ville la plus sure d'Amerique du sud il y a 10 ans, il est devenu tres imprudent de s'y promener tard. Agressions et anarques en tout genre sont, ici, des histoires tristement communes aux dires meme des habitants. La Paz, n'est plus, non plus, le lieu des bonnes affaires d'antant, l'artisanat est partout uniforme a celui du Perou. L'antipathie envers les gringos y est devenue tres forte (visant surtout les nord americains, mais tous les blancs bien blonds y sont vus comme tels), a tel point que les Chulitas (femmes aymara en habits traditionnels, jupes bouffantes et chapeaux melons) refusent regulierement de vendre ou de negocier leurs marchandises avec les etrangers, parfois meme dans des magasins touristiques, usant a l'ocasion d'insultes pour ce faire...

Le pays est regulierement en proie a des blocages routiers generaux qui paralysent les pays des jours, voire des semaines, durant, le plus souvent fruits de syndicats de gros proprietaires, transporteurs ou producteurs, mecontends des reformes d'Evo Morales qui risquent de diminuer substanciellement leurs benefices. Par chance, nous sommes passes entre les goutes de l'orage.

Il y a un tel probleme de transport de personnes, quand les transports peuvent passer, que les bus sont bondes, des sieges fantomes (qui n'existent pas) sont vendus a d'infortunes pigeons, le droit d'occuper un morceau de couloir est vendu aussi cher qu'un siege, et dans le bus allant jusqu'a Potosi, le chauffeur avait vendu des places "en soute" pour 4 ou 5 passagers. Pauvres eres qui ont passes 12 heures de route entasses dans la soute, comme du betail!

Pourtant il y a aussi du positif! Une partie grandissante de la population se politise comme je le disais plus haut, prenant conscience de son rapport de force de classe. Les nationalisations commencent a faire rentrer d'importants dividendes au pays, et les campagnes d'alphabetisations et de sante portent leurs premiers fruits. Les conditions de travail des mineurs, qui, si elles restent inhumaines, se sont legerement ameliorees en 10 ans. Tous les mineurs que nous avons vu ont des casques, des combinaisons et des lanternes electriques a present (contre de simples chapeaux de cuir bouilli et des lanternes a flammes lors de ma premiere visite).

L'espoir, pour une grande partie de la population, s'appelle MAS (litteralement: PLUS), le Mouvement Au Socialisme. Mais le MAS, et son president Evo Morales, vont bientot affronter leur plus grand challenge democratique: Le referundum pour ou contre l'autonomie des provinces faisant suite a la declaration d'independance surprise de la province de Santa Cruz (plus grande productrice de richesses et d'entrees financieres du pays). Si l'unite l'emporte, Evo pourra continuer les reformes. Sinon le pays replongera dans un chaos indescriptible dans lequel les perdants sont deja connus...

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Le Perou

Groupe foloklorique le jour de la fete de la ville d'Huaraz

Pour le Pérou, eh bien, nous avons eu la chance d'aller assez loin dans la jungle a la découverte de citées perdues, d'en voir d'autres moins perdues mais situes dans des paysages absolument splendides...

A peine arrives a Lima, nous avons tout de suite pris un vol vers Chiclayo, une ville du nord du Pérou, ou nous sommes restes deux jours avant de repartir vers Chachapoyas, une ville très isolée et très paisible, situee dans une région pleine de ruines perdues et splendides, que j'avais adorée lors de mon premier périple.
Nous y avons fait un trekking-expedition dans la jungle montagneuse afin de voir quelques ruines très peu visitées. Des ruines dans lesquelles il faut progresser a la machette. Nous y avons visite aussi l'immense citadelle de Kuelap, la plus belle ruine du Pérou a mon goût, dans laquelle nous étions seuls. J'ai aussi eu l'immense chance de retrouver quelqu'un que j'avais rencontre il y a 10 ans lors de mon premier voyage, et nous avons mange avec lui et son épouse, qui nous ont invites chez eux.

Depuis lors nous avons visite plus de ruines encore (pauvre Mélanie), vu de magnifiques paysages, et pris des bus assez sommaires sur des pistes infâmes mais passant au cœur de lieux d'une beauté a faire pleurer.

Photos de Revash et de Leymebamba cliquez sur :
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Nous sommes passes a Cajamarca, la ville ou les espagnols ont capture et ensuite exécute Atahualpa, le dernier empereur inca, et ainsi détruit la civilisation sud américaine, puis a Trujillo, le berceau des Civilisations Mochicas et Chimu, une ville champignon qui grossit presque a vue d’œil.

Photos de Huanchaco et Chan Chan cliquez sur:
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Ensuite Huaraz, située au cœur de la cordillère blanche, collection envoûtante de hauts sommets enneiges abritant Chavin de Huantar, le point de départ du premier horizon culturel du Pérou, 1000 ans avant notre ère.

Photos de la Cordillere blanche cliquez sur:
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Pour enfin arriver a Cuzco, en passant par Lima, après de nombreuses rencontres, de nombreuses surprises, découvertes et redécouvertes.

Cuzco, ancienne capitale de l’empire Inca, et capitale du tourisme sud américain. C’est un endroit magnifique, avec son architecture espagnole bâtie au dessus des anciens murs incas, situe au milieu des andes. Mais c’est aussi un endroit de tension entre les hordes (et le mot est faible) de touristes, dont certains étalent sans gêne leurs gros dollars, les nombreuses personnes, toutes concurrentes entre elles, espérant en tirer un revenu plus ou moins grand, et les personnes encore plus nombreuses qui vivent loin en dessous du seuil de pauvreté dans un ville qui a vu presque toutes ses entreprises fermer les unes après les autres. Seule reste une grosse brasserie qui produit une bonne bière, La Cuzqeña.
Photos de Cuzco et environs cliquez sur:
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Si Cuzco etait le coeur et le systeme nerveux central du Tahuantinsuyu (l'empire Inca), les alentours immediats en etaient les autres organes vitaux. Et, parmi ceux-ci, la vallee sacree, allant de Pisac au Macchu Picchu, etait l'un des principaux.

A la maniere des anciens maitres des lieux, nous avons rejoint cette vallee sacree a pied en empruntant un antique chemin Inca passant par des paysages epoustouflants. Notre chemin, en compagnie d'un couple de sympathiques autostoppeurs quebecquois (descendu en stop depuis le Yukon), nous a enmenes depuis le petit site de Tambo Machay, fontaine sacree des Incas, a travers de hauts vallons couverts d'une herbe jaunie (la Puna) sur laquelle paissent alpagas, lamas et moutons, jusq'au joli petit site de Huschuy Cozco qui domine la vallee sacree. Sur ce vieux chemin inca bien conserve, nous avons sans doute passe notre nuit la plus froide sous la toile, a 4200m d'altidute par moins assez que pour couvrir la tente et les allentours de glace.

Quelques jours apres, le site de Pisac se livrait a nous, un site multiple mellant a la fois le sacre et le millitaire a la maniere inca. Un site qui demeure sans doute la ruine inca qui m'est la plus chere.

Ollantaytambo, autre site majeur, viendra ensuite, premice et vestibule a la partie sauvage de la vallee, au fond de laquelle se cache le Machu Picchu. Enfin, se cachait jusqu'a sa decouverte en 1907 par un certain Hiram (Bingham), car depuis lors des hordes de touristes l'assaillent quotidiennement. Mais les hordes, comme les meutes, restent groupees, et le site, pour le voyageur qui n'a pas peur de s'ecarter un peu, demeure magique et somptueux. Une vaste ville en ruine, logee au coeur d'un decor epoustouflant, au millieu duquel on se prend a rever a d'autres villes cachees ou perdues, peut etre quelque cite d'or...

Photos du Macchu Picchu cliquez sur:
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Laissant la capitale dechue de l'empire disparu derriere nous apres pres de trois semaines passees en son sein, notre petite bande (nos symthapiques autostoppeurs et nous) est descendue jusqu'au cote bolivien du lac Titicaca, a travers d'autres paysages formidables de l'altiplano, entre montagnes et plaines couvertes d'un tapis d'herbe doree jusqu'a l'or par le soleil, sous un ciel bleu fort et pur a travers lequel on peut presque appercevoir l'espace. C'est sur cette note enchanteresse que nous quitterons le Perou, apres un passage rapide par Puno, le port peruvien du lac Titicaca, embarcadere pour les iles de roseaux.

Bon, pour les impressions générales, le Pérou a immensément change. Internet et le GSM sont arrives en force. A tel point qu'a un moment, en mangeant chez des vieux paysans vivant loin de l'électricité, de la piste et du téléphone j'ai halluciné quant ils m'ont demande ce que je pensais d'internet. Je suis aussi encore chaque fois surpris quand une indienne dans ses habits traditionnels sort un GSM pour appeler.

Le trafic a explose partout et il faut faire extrêmement attention avant de traverser n'importe quelle route. Le cri du klaxon est devenu le bruit le plus fréquemment entendu la ou passe la route.

Les routes et les pistes carrossables ont conquis plus de terrains ces cinq dernières années que durant tout le siècle précédent, amenant avec elles les avantages du progrès technologiques (électricité, eau, téléphone, aide médicale et débouches pour les produits locaux) ainsi que les maux du capitalisme (Coca cola, produits de consommation et de luxe, spéculations sur les terrains des agriculteurs, afflux de touristes parfois pas vraiment bien intentionnés, une hausse du cout de la vie, énormément de dettes et un exode rural assez dramatique s'en suivant).

La ville de Chachapoyas est restée assez fidèle a elle même, ayant juste vu l'apparition des feux rouges, de quelques agences touristiques encore assez débutantes, et de quelques cafés internets. Le cinéma, lui, a disparu...

Cajamarca, elle, a change énormément sous les coups de l'ouverture en 2000 d'une des plus grandes mines d'or. Une grosse bourgeoisie s'est développée (avec tous les magasins qui vont avec) qui côtoie de plus en plus de gens partis des campagnes pour essayer de survivre, et qui sont réduits a la misère la plus dure et a faire la manche ou les poubelles...

Trujillo est un champignon qui englobe tout sur sont passage, en agglutinant une population énorme qui ne cesse de fuir les campagnes a la recherche d’une improbable vie meilleure.

Huaraz, jadis la petite suisse du Perou, s’est enlaidie sous les coups de boutoir d’une absence totale de règles d’urbanisme, et de l’arrivée massive de devise depuis l’ouverture de mines gigantesques (comme a Cajamarca).

Lima s’étale sur de kms et des kms, reléguant les derniers exiles venus s’y perdre dans des faubourg insalubres toujours plus éloignes du centre, et du travail.

Et Cuzco est devenu un chancre a touriste, l'harcellement est permanent, et meme la prostitution y a fait une entree fracassante sous forme de jeunes filles vous offrant des massages a tous les coins de rue, a la maniere thaillandaise... Les batiments et l'architecture si typique du centre, eux, sont heureusement restes intacts, et les innombrables echoppes d'artisanat qui sont apparues permettent au voyageur de penetrer dans les beaux patios des vieux batiments colloniaux, jadis fermes, sous le pretexte de regarder l'un ou l'autre vetement ou objet fait a la chaine. Finie l'epoque des petites trouvailles originales, ce qui est aujourd'hui vendu au touriste semble presque partout etre tristement identique.

Pourtant, le pays est encore sublime, mais en pleine tension et avec une croissance démographique forte... Je ne sais pas comment ils vont faire...
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New York

Drapeau americain sur fond de gratte ciel, bienvenue a New York

New York est une ville incroyable qui fait passer l'humain pour une fourmi.

Une ville de frontières invisibles qui font passer le badaud, d’un coup de baguette magique, d’un quartier purement italien a un quartier chinois, puis grec… Chacun comportant ses enseignes dans son alphabet ou sa langue, chacun avec son caractère propre, chacun n’étant sépare de l’autre qu par une mince coulée d’asphalte et quelques feux rouges.

New York est cet immense mélange en mouvement perpétuel, c’est comme me le disait un autre voyageur, une amphétamine qui vous entraîne dans les innombrables rouages d’une ville horloge qui ne peut s’arrêter sous peine de danger de mort.

Cette ville gigantesque c’est pourtant aussi une myriade de petit geste d’entraide quotidienne entre des gens qui savent qu’on ne survit pas seul dans la fourmilière.

Pour visualiser une selections de nos photos de New York cliquez sur:http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/NewYork

Itineraire


Voici l'itineraire sur lequel nous avons plus ou moins prevu de cheminer. Il connaitra sans doutes, voire certainement des modifications, pour le mieux et au gre des rencontres et des circonstances...

Premier arret: New York pour trois jours.

Ensuite: Par les moyens du bord du Perou au Chili, en passant par la Bolivie et l'Argentine.
Nous arrivons le 18 avril 2008 au matin a Lima et remonterons jusqu'au Nord du Perou pour ensuite redescendre entre cote et montagnes, a travers les ruines des anciennes civilisations pre inca... Repasse Lima, nous rejoindrons Cuzco, la capitale des incas. Autour de Cuzco nous attendent le Machu Picchu et bien d'autres tresors archeologiques et de rencontres sociales. Suite probable du programme : Vers les lignes de Nazca, Arequipa, le Lac Titicaca et le passage vers la Bolivie. La haut, a pres de 4000 metres, quelques noms de lieux sonnent deja dans nos tetes: Potosi, le Salar d'Uyuni, Tiuhanaco, et la route vers le Chili... Du haut a Atacama, vers le bas en Patagonie devrait aller notre parcours dans ce pays... Et jusqu'au bout du monde en Argentine: Ushuaia en Terre de feu.

Prochain vol vers l'Ile de Paques, ensuite vers Tahiti, pour rejoindre par apres la nouvelle Zelande.

L'australie ensuite, pendant deux mois, avant de partir vers l'Asie...L'idee la bas est d'aller par la terre (et la mer) de l'Indonesie a la Chine en passant par la Malaysie, la Thailande, le Cambodge, le Vietnam...

De Chine nous esperons rentrer par la Mongolie et puis la Russie en empruntant le transsiberien, jusque Moscou.

Ce sera donc pour nous de New York a Moscou... En passant par le bout du monde.

Materiel et equipement

Il est habituel sur un blog de voyage de poster une liste de l'equipement qu'il faut, soit disant, imperativement emporter avec soi.

Pourtant nous ne nous livrerons pas a ce genre d'exercice. Dans certaines conditions, ou pour certains, un sac le plus leger possible est souhaitable pour garder un maximum de liberte de mouvement, ou de discretion. Pour d'autres, un maximum de gadget est preferable, quitte a endurer de nombreux kilos supplementaires.

Le choix depend, a notre avis, de chaque voyageur, en fonction du style de voyage voulu ou prevu, des conditions climatiques ou autres, de l'acces ou non a des sources d'approvisionement, de la capacite de portage, etc...

Les idees de base derriere ce que nous estimons indispensable, sont la disponibilite, ou non, de certains articles localement, et le risque encouru si l'on devait s'en passer. Dans cet ordre d'idee, moins de materiel est neccessaire pour les pays ou les lieux tropicaux, et l'on y trouve en general facilement pareo, sarong ou T-shirts, alors que passer une nuit a -15 sans un bon sac de couchage peut s'averer dangereux...

A titre d'exemple donc, voici quelques articles que nous estimons, personnellement indispensables pour un voyage passant par des conditions diverses:

- Un bon sac de couchage (c'est a dire qui descent bien en dessous de 0 degres, car il vaut mieux avoir chaud que froid). Le choix entre duvet et synthetique est difficile. L'un est plus leger, plus confortable, mais perd beaucoup d'efficacite si humide, l'autre est plus versatile.
-Une bonne paire de chaussure de marche, deja "cassees" (c'est a dire deja ajustees a son pied). L'ideal est une paire associant legerete, soutien, robustesse, etancheite et respiration du pied. Nous aimons tout particulierement la marque Boreal (jusqu'a nouvel ordre). Il est tres difficile de trouver une bonne chaussure a nos pointure d'occidentaux dans beaucoup de pays.
- Un bon sac a dos, malgre que l'on commence a en trouver de tres valables un peu partout. Il vaut la peine de noter qu'un sac multiusage et robuste est en moyenne preferable a quelque chose de tres technique pour ce genre de voyage, vu ce a quoi il va etre soumis dans les soutes, ou sur les toits, de bus ou d'avions, ce qui va devoir entrer dedans, et la facilite d'acces et de rangement du materiel.
- Un bon couteau multifonction style Victorinox ou Leatherman (le seul avantage du Victorinox, c'est le tire bouchon! Le Leatherman est plus versatile). Tous deux sont horriblement difficile a trouver dans la plupart des pays du monde, et les versions bons marches sont tout bonnement infames (nous voyageons depuis le Perou avec un machin du genre, helas...)

Le reste est affaire de choix. Voici une liste rapide d'autres articles utiles que nous avons choisi d'emporter:

- Une tente legere 2 personnes (ne convenant pas bien pour les temperatures tres froides, helas).
- Un rechaud multicombustibles (lourd mais pratique pour les treks).
- Une poche a eau de 3 litres chacun. Cela ne pese rien quand c'est vide, et peut etre rempli en fonction de la disponibilite de l'eau.
- Sous vetements thermiques, legers et tres chauds.
- Sandales de marche style Teva, tout terrain et robustes.
- Chemise scoute en gros coton. Lourdes mais tres robustes, elles couvrent et protegent bien une couche synthetique interieure moins resistante (au feu, a l'abrasion, a la dechirure,...). Et sont munies de poches bien utiles.
- Pantalons shorts, robustes et vertsatiles.
- Pantalons legers et clairs (le clair attire moins les moustiques, tres important dans les lieux a haute teneur en malaria).
- Maillots. Bien sur.
- Vestes composees d'un gros polaire et d'une pelure Gore Tex. Ideales pour leurs legerete, leur protection contre le vent, le froid, la pluie ou la neige.
- Sous pull-pull en polaire.
- Grosses chaussettes de marche, synthetiques.
- Matelas style Thermarest, du poids en plus, mais aussi une isolation precieuse contre le froid du sol.
- Une paire de batons de marche. Limite gadget mais neanmoins une aide enorme pour soulager des genoux fatigues dans les descentes.
-Deux gros kit medicaux: l'un d'eux qui contient tout ce qui touche aux blessures et infections externes, que l'on emporte en trek, l'autre qui contiend toute une serie de medicaments aux cas ou il faut faire face a l'une ou l'autre maladie, infection, parasite, tourista, plus ou moins grave, dans des lieux recules.
-Petit kit de couture.
- Sacs a viande en soie. Permettent de gagner quelques degres la nuit, de ne pas salir le sac de couchage, et de dormir confortablement dans toute sorte de lits douteux s'il faut chaud.
- Lampes frontales a LED. Essayer d'aller au petit coin a l'exterieur par une nuit noire!
- Poncho de pluie, un must!
- Gamelle legere (qui peut aller sur le feu) et couverts en plastique.
-Deux culs de bouteilles de coca en plastique de 500ml. Le meilleur gobelet bon marche, leger, restistant aux chocs et a la chaleur du monde!

A cette liste hautement incomplete nous avons ajoute quelques articles gadgets pas vraiment tous utiles (en dehors d'urgences) mais bien sympa.

- Une paire de petite jumelle.
- Petit kit de survie contenant une boussole, de quoi allumer du feu, du fil nylon, un aspivenin, un petit guide de survie, une couverture de survie, ..., et une pierre noire des peres blancs (le derniers recours si l'on est mordu ou pique par un animal venimeux mortel, loin de la civilisation)
- Un lecteur MP3 avec notre musique preferee.
- Une montre suunto avec altimetre et boussole (dont, helas, le reveil est casse!)
- Une paire de sandales de style tong japonaises ultralegeres et ideales pour se balader a l'interieur ou prendre sa douche.
- Ceintures porte billets et pochettes d'epaules pour documents et autres.
- Une machette. Ben quoi!
- Du beaume du Tigre.
- Des bouchons d'oreilles, au cas ou des voisins de dortoir ronflent.
- Quelques pinces a linge.
- 3-4 metres de grosse ficelle.
- Une vraie gourde a l'ancienne, au bout d'une sangle. (Remplie, cela fait un tres bon fleau pour eloigner chiens et indesirables aggressifs).
- Carnets de note: Un petit pour les notes, infos et adresses recoltees au jour le jour, un grand comme journal de bord.
- Quelques livres pour passer le temps. A echanger une fois finis.
- Et le guide de voyage (a choisir entre Handbook, Lonely Planet, Routard, Rough guide, ou autre acabit du genre)...

Nous ne savons pas ou classer l'appareil photo. On peut survivre sans, mais ne pas en avoir est vraiment dommage! Le digital permet de prendre un nombre incroyable d'images, de filmer, d'enregistrer des sons... Mais le bon vieux 35 millinetres reste le mieux pour les rendus visuels lors de temps couverts ou brumeux. Nous avons un petit digital discret et 3 cartes memoires ( 1x1gigas et 2x2 gigas pour 2500 photos plus ou moins)

Ce que nous pensons peut etre acquerir, louer, ou nous faire envoyer:

- Un masque de plongee ou des lunettes de natation pour les iles tropicales.
- Palmes et tuba qui vont avec les premiers.
- Mousticaire (qui remplacera les gros sacs de couchage dans les pays chauds).
- Un vrai Leatherman.

Ce que nous n'avons PAS pris:

- GSM: Si on part comme ca, ce n'est quand meme pas pour pouvoir etre appeles n'importe quand comme chez nous! C'est un signe exterieur de richesse en plus.
- Ordinateur portable. Lourd, fragile, et trop precieux, a notre avis.
- GPS. Utile, certe, mais pas assez pour nous.
- I Pod machin. Notre petit lecteur MP3 bon marche nous suffit et est discret.
- Camera video. L'appareil photo digital peut servir comme tel.
- Pantalons de pluie. C'est une grosse erreur de notre part!

A l'aeroport, le jour du depart, Stuart portait 19kg, ce qui est trop a son gout, et Melanie, 13kg, ce qui est aussi trop a son gout.

Avant le depart

Bienvenue sur ce blog qui sera la vitrine de notre voyage pendant cette année. Pourvu que vous soyez nombreux à nous suivre.